Editorial

CKFC

Controversée. La présence du président de la République à l’inauguration du premier point de vente KFC à Ambodivona fait beaucoup jaser les réseaux sociaux. D’aucuns trouvent scandaleux qu’un président attache autant d’importance à un fast-food. Mais il n’était certainement pas venu pour découvrir ce que c’est un KFC, loin s’en faut. C’était plutôt, et le président l’a d’ailleurs affirmé, pour saluer l’arrivée d’une grande enseigne internationale qui vient investir au pays. Ils ne sont pas légion pour qu’on s’intéresse à leur présence. C’est la preuve d’une confiance aux compétences locales et aux produits locaux. Ce qui n’est pas le plus facile à gagner. Qu’on le veuille ou non c’est toujours bon signe pour les investissements et l’économie. Il faut en effet beaucoup de persévérance et de détermination aux investisseurs pour venir.

Quand on sait qu’il a fallu cinq ans à KFC pour pouvoir s’installer, on imagine aisément la galère qu’il dû parcourir entre formalités et tracasseries administratives. C’est ce qui décourage souvent les investisseurs potentiels. On se souvient de la mésaventure de la brasserie Skol à Ambatolampy qui a du remuer ciel et terre pour pouvoir fonctionner et qui a subi tous les coups bas par la suite pour finir par mettre la clé sous le paillasson. On se rappelle également du sort réservé à la Sucoma d’Analaiva à Morondava victime de vandales de ses propres employés manipulés par des politiciens véreux. Tout récemment l’État a dû suspendre le projet Base Toliara sous la pression populaire en dépit d’un investissement d’un demi-milliard de dollars.

Tout cela ne donne pas une image positive du pays en termes d’opportunité d’affaires et d’investissements. D’ailleurs le classement de Madagascar dans le Doing Business, loin des pays comme Maurice ou les Seychelles en dit long. Sans oublier le bras de fer qui oppose l’État aux compagnies pétrolières ou aux fournisseurs d’énergie de la Jirama qui est loin de rassurer les investisseurs craignant à tout moment un retour de la nationalisation. En fait, en l’état actuel de la pauvreté on n’aurait jamais dû rouler pour la libéralisation. Aujourd’hui l’État est contraint de revenir au socialisme pour atténuer les contre-coups socio-économiques du système libéral étant donné le pouvoir d’achat insignifiant de la population.

Pour une fois donc qu’un investisseur ose tenter l’aventure, cela vaut bien des arabesques. Peu importe qu’il soit mauricien ou autre, l’essentiel est qu’il choisisse Madagascar. Il faut d’ailleurs méditer sur le cas mauricien dont l’économie s’est appuyée sur les entreprises franches chinoises au début. Aujourd’hui la plupart des entreprises franches sont mauriciennes et elles investissent à Madagascar. C’est pareil dans d’autres secteurs. À preuve, l’État a donné un terrain de plusieurs hectares à Moramanga pour les entreprises mauriciennes.

Il est ainsi inutile de pinailler sur cette inauguration qui recelait plus un message codé qu’un plaisir gustatif irrésistible à la vue de l’aile ou la cuisse. C’est plutôt un clin d’œil adressé à ceux qui hésitent et n’écoutent que les médisances et les racontars. Ce Kil Fallait Comprendre.

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