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Editorial

Un vrai faux-départ

Promesse en l’air. Depuis Nosy-Be où il organisait la réouverture de l’île aux parfums aux trafics aériens internationaux, Joël Randriamandranto, ministre du Tourisme, des transports et de la météorologie, a annoncé que le Business plan d’Air Madagascar sera dévoilé d’ici une quinzaine de jours. Il a fait cette déclaration le 1er octobre. Deux semaines plus tard, aucun document n’est disponible. En fait, en toute logique, la nomination d’un directeur général devrait d’abord passer avant cette énième proposition pour sortir la compagnie aérienne de la zone de turbulence qu’elle traverse depuis des années. Le ministre de tutelle aurait-il dansé avant la musique?

Mais comme les différents Conseils des ministres n’arrivent pas à trancher sur la nomination de celui ou celle qui va occuper un siège éjectable par excellence, il est difficile d’imaginer un quelconque projet à même de sauver Air Madagascar. Car, le nouveau directeur général sera le premier exécutant des directives à suivre. Il devrait être associé à sa conception pour ne pas être pris au dépourvu.

La première question qui se pose et s’impose est de savoir si Air Madagascar, étant donné que la privatisation pure et simple n’est plus une option envisageable et envisagée, va conclure un partenariat stratégique comme celui scellé avec Air Austral, résilié bien avant l’atteinte des objectifs fixés par les deux parties. L’une accuse l’autre ne pas avoir honoré ses obligations. Dans ces conditions, des éventuels « associés » prendront le temps de réfléchir avant de passer au « contrat de mariage ». Pour ne pas avoir à regretter par la suite. La situation financière d’Air Madagascar, avec des dettes d’un montant astronomique, inquiète plus qu’elle ne rassure. Qui accepterait de partager un tel fardeau, handicapant dès le décollage de toute idée de relance.

Il reste aussi un point d’une importance capitale à évoquer et à invoquer. Le choix de la flotte d’Air Madagascar. Maintenir les deux « carcasses » d’Airbus ayant causé d’innombrables préjudices pour Air Madagascar ou les changer, les échanger contre d’autres marques qui dominent le marché. Déjà que le moteur de l’une d’elles serait soumis à un check C au mois de mars-avril. Soit une facture d’au moins 1 250 000 dollars à payer par Air Madagascar.

Ce choix est un sujet délicat et délictueux en lui-même. En 1997, le ministre des Transports sous Didier Ratsiraka, pourtant bien armé sur le plan politique par son ancrage dans l’Avaradrano, a été évincé, à la grande surprise de ses proches collaborateurs. Des indiscrétions ont filtré selon lesquelles, il aurait entamé des négociations parallèles à l’insu de Didier Ratsiraka pour renouveler les appareils à mettre à la disposition d’Air Madagascar. C’est dire si le futur directeur général aurait intérêt à ne pas ramer à contre courant de la volonté de l’État, principal actionnaire chez Air Madagascar.

En somme, contrairement aux annonces faites par Joël Randriamandranto, les contours de ce business plan presque inexistant, restent à définir. Autant que l’horizon vers lequel fonce Air Madagascar.

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