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Plan émergence : Les partenaires requièrent des précisions

La 16e réunion du Groupe de dialogue stratégique s’est déroulée au palais d’État de Mahazoarivo, hier. De plus amples informations sur le futur plan émergence de Madagascar ont été requises par les PTF.

Plus de visi­bilité. Afin d’éviter une navigation à vue, les Partenaires techniques et financiers (PTF), ont requis des précisions sur le Plan émergence de Madagascar (PEM). Tel est l’un des trois points abordés durant la 16e réunion du Groupe de dialogue stratégique (GDS), hier, au palais d’État de Mahazoarivo.

Le communiqué de presse rapportant la teneur du rendez-vous présente le Plan émergence comme « le programme stratégique de développement pour les cinq années à venir, rimant avec les engagements du président de la République ». Les indiscrétions chuchotées à l’issue de la réunion d’hier, indiquent qu’avoir plus de visibilité sur le PEM, serait nécessaire pour permettre aux partenaires d’agencer leurs actions et engagements financiers suivant les axes de priorité et les besoins prévus par l’État.

Durant près de deux heures et demie donc, le gouvernement mené par Christian Ntsay, Premier ministre, et les PTF conduits par Violet Kakyomya, représentante résidente du Système des Nations Unies (SNU), ont échangé, notamment, sur la confection et la mise en œuvre du programme stratégique de l’État.

Durant une interview en marge de la réunion, le chef du gouvernement a indiqué, en réponse à une question de la presse sur la nomination des ambassadeurs, que « l’État a fait le choix d’avancer rapidement ». Plus de six mois après l’investiture du président de la République, le plan émergence n’est, toutefois, pas encore finalisé.

Timing
« Le Premier ministre a avancé que les concertations, tant au niveau de la Société civile qu’au niveau du secteur privé, continuent aux fins de l’identification des axes prioritaires du développement, et ce plan de développement en question sera bientôt établi », rapporte le communiqué publié par la primature.

En l’état actuel des choses, la crainte selon laquelle, la Loi de finances 2020, ne soit pas encore la traduction du PME aurait été indirectement soulevée, hier, à Mahazoarivo. Pareillement, sur le fait que le Plan émergence risque de ne pas être prêt à temps pour certaines échéances internationales comme, l’Assemblée annuelle du groupe Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

L’État affirme sans cesse son intention de travailler vite pour concrétiser le challenge fixé par l’Initiative pour l’émergence de Mada­gascar (IEM). Des engagements sur lesquels Andry Rajoelina, président de la République, a misé sa campagne électorale. Des « Velirano », à réaliser en cinq ans. Si les courants nationalistes martèlent que l’idéal serait d’utiliser les fonds propres de l’État, le réalisme impose le constat que les finances étatiques sont loin d’être suffisantes pour relever le défi que l’Exécutif s’est fixé.

Qu’ils soient publics ou privés, bilatéraux ou multilatéraux, les partenaires techniques et financiers ne peuvent, pourtant, agir que sur la base d’une partition claire et précise sur laquelle ils peuvent accorder leur violon. Là est l’enjeu de la finalisation rapide du PME, afin que les challenges étatiques ne connaissent de contretemps. Déjà, une partie de l’opinion publique s’interroge sur la cadence étatique, dans certains domaines, notamment, sur le timing de concrétisation des engagements. Charge à l’Exécutif de faire mentir ses détracteurs en accélérant la cadence.