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Enseignement supérieur : Les résolutions des présidents contestées

Les activités pédagogiques à l’université de Fianarantsoa sont suspendues depuis mardi. Les enseignants-chercheurs sont en grève.

Des examens qui auraient dû commencer depuis lundi à l’École nationale d’informatique (ENI) à Fiana­rantsoa, ont été reportés. Et les cours sont suspendus pour une période indéterminée à l’université de Fianarantsoa. Ses enseignants-chercheurs sont entrés en grève, depuis mardi, après un ultimatum de 48 heures. Ils sont contre les résolutions de la Conférence des Présidents et des recteurs d’institution de l’Ensei­gnement supérieur (Copries) qui se sont tenues au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique à Fiadanana, la semaine passée. « La mise en application de ces résolutions est impossible. Même des présidents d’université n’ont pas appuyé les décisions, ce qui n’a pas empêché le ministère de sortir des arrêtés. Nous demandons au premier responsable de revoir point par point, avec nous, ses décisions », lance un enseignant-chercheur à Fianarantsoa, hier.

La limitation de la durée d’enseignement à 1 500 heures par année universitaire et par enseignant, la suspension de la soutenance de l’Habilitation à diriger les recherches (HDR), le calendrier universitaire de mars à décembre, la réglementation des procédures de sortie en mission des enseignants-chercheurs, et surtout, la mise en place d’Agent comptable par université, sont les points contestés par ces grévistes. « Cet horaire n’est pas suffisant. Il est possible que nous ne puissions plus encadrer que trois à quatre étudiants. Que vont devenir les autres ? », avance une source.

Des propositions
« Nous ne sommes pas contre la transparence et la bonne gestion au sein de l’université. Mais la mise en place d’un agent comptable peut créer des problèmes. Un collègue a, par exemple, failli finir en prison pour avoir vendu des fascicules. Alors qu’il allait utiliser les bénéfices pour pouvoir acheter des composants, nécessaires à la recherche », informe une autre source.

Le ministère de l’Ensei­gnement supérieur et de la recherche scientifique dénonce une mauvaise foi de la part des grévistes à Fianarantsoa. « En premier temps, ils n’ont pas avisé le ministère central de cette grève. Ensuite, nous avons déjà réuni des membres du Syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants (Seces) pour trouver des points d’entente. Chaque université a été représentée. Mais ils n’ont même pas attendu l’écho de cette rencontre qu’ils ont déjà entamé la grève », regrette Jean Claude Razaraniaina, secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Les décisions sorties de cette rencontre devraient, pourtant, intéresser les enseignants-chercheurs. Le ministère leur a suggéré de présenter une proposition d’idées, avec des arguments techniques et pédagogiques de l’horaire d’enseignement.