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Cybercriminalité – Lourde peine d’amende pour les prévenus

Le tribunal correctionnel d’Antananarivo a prononcé son verdict hier sur l’affaire d’hélicoptère au stade municipal de Mahamasina la veille de la visite du pape François.

L’affaire du traitement de l’information sur le survol effectué par l’Armée Malagasy dans le cadre d’une mission de reconnaissance des sites s’est achevée par la saisine du juge après la plainte déposée par le chef de l’État-major général de l’Armée Malagasy (CEMGAM). Le sort des quatre prévenus est connu. Une peine d’amende de 10 millions ariary chacun pour Nadia Ranonimanalina et Mahery Rabearivony. Tandis que les deux autres, Patrick Angelo Andriamisa et Arphine Rahelisoa, ont été acquittés.

Après un long procès de trois heures dans la salle numéro un du tribunal d’Anosy lundi, le verdict de la justice est finalement tombé par une peine financière aux deux journalistes mis en cause dans la propagation de fausse nouvelle. La plainte introduite par le CEMGAM après la diffusion des photos de l’hélicoptère à Mahamasina d’une part et la publication sur la page Facebook de Nadia Raonimanalina et celle du site 24h Mada par Mahery Rabearivony relève le fait qui a aggravé la situation. Ils ont été condamnés sur la base d’une imputation d’un fait incorrect envers l’Armée malgache.

À chacun son appréciation dans cette affaire mais l’audience publique a éclairci quand même la chose. Quelle que soit l’interprétation des justiciables et des observateurs, le jugement est prononcé. La justice n’a cessé d’accabler les prévenus leur rappelant la base fondamentale du journalisme, qualités que doivent avoir les professionnels des médias. Ces personnes qui portent la casquette de simples citoyens tout s’engagent dans l’exercice du métier de journaliste ont été épinglées dans cette affaire dont le chef d’inculpation a été notamment axé sur la diffamation de l’Armée malgache à travers des informations mal fondées ou mal recoupées.

Les pendules à l’heure
Lors du débat devant la barre lundi, à part Patrick Angelo Andriamisa, directeur au sein de la CUA, Nadia Raonimanalina, Arphine Rahelisoa et Mahery Rabearivony se sont présentés en tant que journalistes après la vérification de l’identité des prévenus faite par le juge.

Les deux représentants du CEMGAM étaient présents dans la salle et se sont mis debout à côté. Les prévenus ont répondu à chaque interrogation du juge et du procureur. Le sujet s’est focalisé plutôt sur la présence des ressortissants chinois dans l’hélicoptère pendant le survol de l’engin sur le stade. Fixant Nadia Raonimanalina dans les yeux, le juge lui a demandé si elle a fait un recoupement avant sa publication sur Facebook. La prévenue a répondu qu’« il y avait des personnes à bord». « Vous en étiez sûr que c’était vraiment des Chinois ? ». Au représentant du CEMGAM de réagir. « J’étais dans l’hélicoptère mais peut être que vous m’avez pris pour un Chinois de par mon visage ». Le procureur a souligné qu’elle aurait dû différencier la véracité de l’information à la rumeur. Si pendant la production de l’acte, c’était la citoyenne qui a écrit sur sa propre page Facebook, le juge a rappelé que les journalistes ne devraient pas se passer de leur qualité à tout moment.

2 commentaires

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  • Il n’y a pas de sentimentalisme démesuré à faire . La justice est indépendante . Le principe de séparation des pouvoirs est la base fondamentale de la république . Un jugement doit être sans connotation politique et le parquet n’a pas d’ordre à recevoir du régime . L’état de droit se trouve ainsi dans son summum d’application. Les textes sur la propagation de fausse nouvelle sont bien définis avec les amendes s’y afférentes . Il y a eu délit de presse point barre . Ces journalistes lourdement condamnées se sont comportés à priori comme durant la transition en faisant fi du professionnalisme et se sont versées dans un militantisme politique . Vous verrez bien l' »autre » va encore faire son cinéma par récupération politique n’hésitant pas certainement de parler de dictature (sic) .Ce recalé des dernières présidentielles va probablement encore écrire à la SADC et à l’union Européenne . Quant au président de l’ordre des journalistes qu’est-ce qu’il est « faux-cul » cet individu par ce corporatisme puant affiché.

  • Merci pour cet article.
    Le jugement et votre article qui en fait l’écho rappellent effectivement le rôle du journaliste : il n’est ni policier ni justicier.
    Il ne doit pas être un propagandiste ou l’interprète d’un certain militantisme. Il n’est pas juge et il n’est pas bourreau. Il est est tenu de vérifier avant de propager. A compléter. . .
    Les articles bien rédigés comme celui-ci font plaisir à lire et sont un régal pour l’esprit. Quelques fautes tout de même mais excusables.
    N’hésitez pas à y apposer votre pseudo voire votre nom réel.
    Encore une fois, merci.