Accueil » Editorial » Vaccin anti-virusse
Editorial

Vaccin anti-virusse

Prévisible et attendue. La réaction négative des puissances économiques et militaires mondiales à l’annonce par Vladimir Poutine de la découverte par des scientifiques russes d’un vaccin anti-Covid-19 l’a été. Pas d’enthousiasme particulier des Américains, des Chinois et des Européens occidentaux. Un niet catégorique sous forme d’hypocrisie diplomatique. Que le maitre du Kremlin et les membres de sa famille, des oligarques et apparatchiks ayant la haute main sur les leviers du pouvoir, se portent volontaires pour être des cobayes afin de prouver, de signifier, d’attester l’efficacité de l’injection, les ennemis politiques de Vladimir Poutine resteront de marbre sur tant de gestes de générosité. Les germes du nationalisme vaccinal, comme l’a spécifié l’Organisation mondiale de la santé, OMS, se développent.

Il existe trop de sujets qui fâchent entre eux pour que les Donald Trump, Li Xi-Ping, Emmanuel Macron et autre Angela Merkel aillent féliciter leur homologue russe pour avoir trouvé l’antidote du coronavirus. Ce serait courber l’échine devant « un monarque » d’une autre époque. Il n’est pas question de donner des pions, des points décisifs, et des positions dominantes, à un joueur aussi doué que fourbe qu’est l’ancien agent du KGB, sur l’échiquier de la géostratégie internationale. Il peut s’en servir à merveille pour asseoir davantage son omnipotence déjà encombrante au goût de ses rivaux. Refuser le jeu à la « houlette russe » a été la posture idéale à adopter.

Faut-il rappeler que Vladimir Poutine a apporté un soutien indéfectible au président syrien Bachar-al-Assad, quand celui-ci faisait face à la révolte de l’Armée syrienne libre. Poussée en sous-main par les démocraties occidentales. Pour faire et parfaire ce qu’ont réalisé les Libyens pour se débarrasser à jamais de Muammar El-Kadhafi et de son clan. L’intervention de l’aviation française a pulvérisé les derniers bunkers tenus par celui qui a écrit « Le livre vert ». Devenu un sans-abri, Muammar El-Kadhafi a été abattu dans la rue. Comme un rat. Un tragique scenario que le président russe ne voulait plus entendre parler au Moyen Orient.

En outre, l’indulgence russe envers les velléités expansionnistes de Recep Tayip Erdogan, le long des frontières turquo-syriennes, pour chasser les combattants kurdes, alliés des occidentaux pour circonscrire l’avancée du nébuleux État islamique, a contrarié les deux piliers de l’Union européenne. La France et l’Allemagne.

Aujourd’hui la crise politique en Biélorussie vient polluer et empoisonner les relations de l’empire russe avec ses partenaires. Vladimir Poutine n’a jamais caché son penchant et son admiration sans borne envers l’autocrate Alexandre Loukachenko. Le dernier des dictateurs européens en exercice. Même si des tensions ont apparu ces derniers jours entres les deux hommes. Son « alter ego » fait face à des contestations pacifiques post-électorales.

L’opposante Svetlana Tikhanovskaïa aurait emporté la dernière présidentielle. Elle a préféré prendre le chemin de l’exil pour fuir la furie de la tyrannie du président-candidat. L’Union européenne brandit la menace des sanctions, les États-Unis dénoncent l’ingérence russe. Dans cette atmosphère délétère, qui peut encore louer « l’invention russe ». Même les pays en voie de « sous-développement » ont chacun leurs remèdes miracles.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi