Politique

Gouvernement – Christian Ntsay face à plusieurs défis

Le Premier ministre, devra en premier, jongler avec le nouvel échiquier politique.

Christian Ntsay rempile pour une troisième pige à la tête du gouvernement. Un troisième mandat durant lequel il aura à relever plusieurs défis, dont le premier sera politique.

On ne change pas une équipe qui gagne. Une phrase de Andry Rajoelina, président de la République, jeudi soir, à Iavoloha, pour confirmer aux députés de la majorité, la reconduction de Christian Ntsay à son poste de Premier ministre.

Plébiscité par les élus du groupe « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRD), le décret consacrant le troisième mandat de Chris­tian Ntsay comme locataire de Mahazoarivo, a été publié, hier. Pour sa troisième pige à la tête du gouvernement, l’ancien directeur pays de l’Organisation internationale du travail (OIT), aura, cette fois-ci, à faire face à quelques défis de taille. La première sera politique.

« C’est un Premier ministre sans histoire et qui sait travailler avec moi », a déclaré Andry Rajoelina, jeudi. Suite à la publication du décret de nomination du chef du gouvernement, hier, un député a indiqué qu’« il nous convient. Il est à notre écoute ».

La première épreuve à relever pour le chef du gouvernement sera de composer une équipe conforme au souhait du chef de l’État, mais qui plaira, également, à la majorité parlementaire. Une équipe qui pourrait être présentée dès ce week-end.

Fusible
Pour lancer son quinquennat, Andry Rajoelina s’est arrogé un gouvernement technocrate, à quelques exceptions près, sensé jeter les bases de la concrétisation de son Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM). L’équipe qui gagne à ne pas changer concerne-t-elle, également, le gouvernement ? Seulement, maintenant que l’Assemblée nationale est en place, il faudra prendre en compte les paramètres politiques.

« Il ne devrait pas y avoir de grand changement », avance une source avisée. À Tsimba­zaza, cependant, des députés lorgnent des sièges ministériels. Le groupe des indé­pendants ayant fait allégeance au pouvoir, prétend, également, à une place au sein du gouvernement. « Les changements au sein du gouvernement ne devraient être que pour renforcer la présence de la coalition IRD », ajoute la source.
En outre compléter les deux postes ministériels vacants depuis la démission de deux ministres pour cause de candidature à la députation, « il ne devrait y avoir que deux ou trois remplacements ». Certes, mais qui ? Une question sans réponse, jusqu’alors.
Les mots de Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, selon laquelle « les mem­bres de l’Exécutif (…) doivent avoir obtenu une onction populaire », ne sont, toutefois, pas fortuits.
Elle a même ajouté que « ce ne sera que justice », que des députés figurent dans le prochain gouvernement. La composition de la précédente laisse encore un goût amer et ne fait toujours pas l’unanimité au sein des Oranges.
À s’en tenir à la lettre de l’IEM, cependant, un éclatement de ministère ne devrait pas être dans les plans du locataire d’Iavoloha. Il est question de respecter ses engagements de campagne et la politique d’austérité qu’il martèle.

Sur ce point, justement, le Premier ministre aura fort à faire. Il pourrait être amené à mener de front l’exécution de l’IEM en tenant compte de la ligne de conduite politique et financière tracée par le chef de l’État, et les desiderata des députés.
Christine Razanamahasoa a été claire sur le fait que les élus vont exiger au pouvoir, les moyens de leur politique. Certains réclament déjà ouvertement des 4×4 avant la fin de la session spéciale.

La large majorité Orange à Tsimbazaza, pourrait être une lame à double tranchant. Elle facilitera l’exécution de la politique étatique, mais rend, également, le gouvernement vulnérable en cas de saute d’humeur des députés. Une bonne partie des élus de l’IRD, ne jurent fidélité qu’à Andry Rajoelina.
Aussi, le gouvernement risque-t-il de, fréquemment, servir d’exutoire des ressentiments parlementaires, voire de fusible, malgré la présence de chefs des partis au sein de la coalition Orange au sein de l’équipe.

Sa compétence est l’autre motif soulevé pour la reconduction de Christian Ntsay. Ses deux premières piges à Mahazoarivo étaient, à la base, pour l’organisation de la présidentielle et des législatives. Cette fois-ci il sera scruté sur ses performances en matière de développement.
Outre le président de la République, il devra en rendre compte à une Assemblée nationale, visiblement, « affamée », et soucieuse de voir concrétiser leurs rêveries de campagne.

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  • Il ne faut pas se perdre en conjectures car il y a trois ministres actuels sur la sellette pour les observateurs les plus lucides à savoir le ministre des sports dont la présence au gouvernement fait « tâche » avec ses antécédents judiciaires pour une république irréprochable , la ministre de la communication une personnalité clivante dont la mission première pour le bouclage du code de la communication est remise aux calendes grecques et enfin le ministre des mines et des ressources stratégiques qui a montré ses limites pour l’instauration de l’état de droit dans l’affaire Base Tuléar . Ce dernier ministère requiert un profil d’homme ou de femme à poigne et même un militaire à ce poste ne choquera pas une opinion avertie.