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Cohabitation – Chacun pour soi au sein du gouvernement

Le président de la République rappelle que le gouvernement a pour rôle d’appliquer la politique étatique qu’il trace. Des ministres semblent, toutefois, faire cavalier seul.

Chacun pour soi. Au regard des décisions, cette expression semble prévaloir chez certains ministres. Les actes de certains membres de l’équi­pe gouvernementale semblent plus dictés par des intérêts partisans, avec des objectifs aux fins électorales, que la ligne étatique. Le gouvernement de consensus ne semble pas encore en symbiose.
« La cohabitation au sein du gouvernement est dans l’optique des élections. Il ne s’agit cependant pas d’une cohabitation similaire à celle de la Transition, détrompons-nous. J’ai accepté l’ouverture aux autres forces politiques dans le but d’avoir un processus électoral apaisé. (…) La politique que le gouvernement applique est cependant celle tracée par le Président, ses projets de développement », a déclaré Hery Rajaonarimampianina, président de la République, à son retour du sommet du Marché commun des États d’Afrique austral et oriental, hier.
Des propos en réponse à une question de la presse selon laquelle la cohabitation au sein du gouvernement permet-elle de diriger le pays, de travailler pour le développement ? « Les élections, ou encore, la cohabitation ne signifie pas que les actions de développement vont s’arrêter », a ajouté le chef de l’État. Sous la houlette du Premier ministre, le gouvernement est chargé de la mise en œuvre de la politique générale de l’État.

État d’esprit
Une synergie entre chaque élément de l’équipe gouvernementale est toutefois nécessaire pour une démarche de développement cohérente et coordonnée. Certains faits indiquent, toutefois, que la mayonnaise ne prend pas encore au sein du team Ntsay.
Le ministère de l’Aména­gement du territoire, par exemple, a dernièrement pris une décision interdisant toute opération de remblayage dans la zone Grand Tana. Une mesure qu’aurait actée le conseil des ministres. Le communiqué de presse de la réunion hebdomadaire du pouvoir exécutif, mercre­di, ne mentionne toutefois pas cette décision. Au titre de ce département, il est juste rapporté une communication sur « le début des travaux de construction » de la rocade Est.
La décision d’interdiction « pour une durée indéterminée » prononcée par ce département ne fait, de prime abord, aucune exception. Elle pourrait pourtant signifier une suspension pour une période non indiquée de la construction de la rocade Est. Un projet qui implique des activités de remblayage. Alors que son ministère en est par ailleurs le maître d’œuvre, Christine Razana­ma­hasoa, ministre de l’Amé­na­gement du territoire, a été absente de la cérémonie de lancement des travaux, lundi. Une cérémonie conduite par le locataire d’Iavoloha.
Les ministres issus des rangs de l’opposition, visiblement, ne sont pas enclins à s’aligner aux côtés du chef de l’État. Lors de son départ pour la Zambie mardi, outre le Premier ministre, seuls les ministres du parti Hery vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) ont été présents. La démarche éparpillée du gouvernement a été flagrante lors de quelques évènements malheureux intervenus dans le pays ces dernières semaines.
Lors de l’accident survenu sur la Route nationale numéro un (RN1) au début du mois, les ministres se sont précipités au chevet des victimes, à l’hôpital Ampefiloha en mettant en avant leur couleur politique. Pareillement dans les évènements officiels, à l’instar de la réception pour le 4 juillet, à l’ambassade des États-Unis, ou celle du 14 juillet, à la résidence de France. Chaque faction au sein de l’équipe Ntsay se regroupe selon son obédience politique.
« J’ai besoin d’une nouvelle équipe pour vaincre la pauvreté », a déclaré le président de la République, dans un discours à Toamasina samedi. Questionné sur la portée de ses propos hier, le chef de l’État explique que « ça a été adressé à toute la Nation. Pour éveiller le vrai patriotisme qui implique un nouvel état d’esprit refusant toute hostilité, affrontement et violence nuisible pour le pays, en privilégiant la cohésion et la solidarité ».
Le Président ajoute qu’un nouvel état d’esprit signifie qu’il y a une nouvelle équipe. Au sein du gouvernement, pour l’heure, les traces du dernier affrontement politique ne semblent pas encore s’être résorbées, supplantant la solidarité de l’Exécutif. Tant du côté de l’opposition que du HVM, chacun semble y aller de son propre chemin. La perspective électorale semble aussi prendre le dessus sur le travail gouvernemental.

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  • Na dia samy avy amin’ny antoko samy hafa daholo aza ny ao amin »ny governemanta dia tokony ho tsapan’ny tsirairay fa ao anaty vondrona iray zareo ka tsy tokony samy maka ho azy, fa hiara hiasa amin’ny filoha Hery Rajaonarimampianina hatrany.