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Sécheresse – Un plan de relèvement pour le Grand Sud

Afin de maximiser les efforts humanitaires entrepris dans le Grand Sud, un atelier est initié à Ambovombe, depuis hier. Il s’agit de dresser un plan de relèvement étalé sur trois ans.

Un atelier pour assurer une transition avec les actions de développement. À la suite de la journée de réflexion du 23 juin dernier à Antananarivo, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), organise, depuis hier jusqu’à demain au collège Sacré-Cœur d’Ambovombe, un atelier en vue d’élaborer un Plan de relèvement pour le Grand Sud. Y participent des acteurs humanitaires et de développement représentant le gouvernement, les régions concernées, les agences du Système des Nations unies présentes à Madagascar, des ONG, les représentants des bailleurs de fonds, la société civile, et les médias.
Le Grand Sud de Madagascar, où vit 1,8 millions de personnes, est la zone la moins développée et la plus reculée du pays. Elle est composée des régions Androy, Anosy et Atsimo Andrefana. C’est une zone structurellement aride qui ne reçoit qu’en moyenne 500 mm de pluie par an. L’effet cumulatif de l’insuffisance des précipitations au cours de la campagne agricole 2014/2015 et un déficit important et prolongé des pluies à cause de El Niño y ont déclenché des conditions sans précédent de sécheresse par conséquent, détérioré davantage les moyens de subsistance et une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle déjà très aiguë. Ces conditions qui accroissent la vulnérabilité des populations du Grand Sud rehaussent, par ailleurs, le risque de conflit au niveau communautaire.

Insécurité alimentaire
Les inégalités d’accès aux ressources naturelles (eau, terres) et financières, le contexte d’insécurité grandissante (phénomène de vol de zébus), la faible présence de l’État et le déficit de coordination dans la distribution des réponses, notamment humanitaires, génèrent des conflits qui fragilisent d’autant plus les populations et les structures locales.
Les résultats des évaluations conduites dans le Sud, en février dernier, ont conclu que 665 000 personnes (dont 333 752 femmes et filles) sont en insécurité alimentaire sévère, et 475 000 en insécurité alimentaire modérée, soit un total de 1,14 million de personnes dans une situation d’insécurité alimentaire.
Face à cette situation, un plan de réponse humanitaire conjoint a été élaboré avec la participation du gouvernement et l’Équipe humanitaire du pays. Il ramène spécifiquement la situation d’urgence humanitaire actuelle, ayant pour but de ramener les indicateurs de sécurité alimentaire, nutritionnels, santé, Wash à leurs valeurs normales structurelles. L’ensemble du plan global prévoit une intervention dans six secteurs qui sont : sécurité alimentaire, nutrition, santé, Wash, protection, et coordination.

Prosper Rako