Editorial

L’opacité de la transparence

Mille milliards de mille sabords. Celui qui s’écrie ainsi n’est pas le capitaine Haddock, l’un des fidèles compagnons du héros de bandes dessinées Tintin, dans ses multiples aventures pour dénouer l’écheveau de nombreuses énigmes. Mais un membre de l’actuelle opposition. Qui demande des précisons sur les dépenses engagées à la production de la Covid-Organics. D’abord, de la tisane cachetée ou en fûts, distribuée aux Malgaches. Puis, sous forme de solution injectable ayant guéri des malades du coronavirus. Des médecins africains louent son efficacité pour le traitement curatif. Enfin, bientôt en gélules produites par Pharmalagasy, une usine pharmaceutique en cours de montage. Elle produira douze médicaments en tout.

Sur le front de la lutte contre la pandémie, le gouvernement investit aussi sur les indemnisations des éléments des Forces de l’ordre et du personnel soignant, en première ligne de la bataille. Sans compter les autres dépenses financières comme le coût de confection des cache-bouches avec des entreprises franches du textile, l’achat d’équipements de protection individuelle pour les membres des équipes médicales, avec les donations venant de divers partenaires, la prise en charge des contaminés, les « précieuses » factures des tests et dépistages effectués tous les jours par des laboratoires agrées…

Sans être un expert comptable ou un habitué des questions relatives aux finances publiques, tout cela devrait engloutir des milliards d’ariary. Il reste à savoir pour quelles raisons valables, l’État rechigne à publier les détails chiffrés des ces flux financiers. Une telle initiative devrait renforcer sa crédibilité et sa notoriété dans la gestion de la crise sanitaire. Cela dissiperait les doutes et les suspicions qui nourrissent et alimentent les « scoops » sur les réseaux sociaux. Une inépuisable source d’information et de désinformation.

Mais sur un autre registre du même volet, le fait de savoir et de connaître les affectations exactes des millions de dollars ou des milliards d’ariary changeraient quoi dans le quotidien du citoyen lambda? Une fois que le sursaut d’orgueil du contribuable modèle, une rareté en ces temps difficiles, tout est aussitôt oublié. Avant le coronavirus et ses conséquences financières, plusieurs « investisse­ments » douteux ont eu lieu sans que les enquêtes en cours, selon la formule d’usage, n’aient abouti aux arrestations des auteurs des malversations financières et des détournements de fonds publics. Hier comme aujourd’hui, il s’agit alors de lamentations sans lendemain. Au bout du compte, tout cela ne concerne personne. Mais émeut tout le monde.

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