Régions

Dégradation de l’environnement – Menabe Antimena disparaîtra dans trente ans

Une scène prise en photo cette semaine dans l’aire protégée de Menabe Antimena.

Le feu et les défrichements dans les noyaux durs de l’aire protégée de Menabe Antimena continuent de plus belle. Les actions de protection de la biodiversité n’ont pas d’effet.

CATASTROPHIQUE. Cinquante quatre hectares de forêt sont partis en fumée cette semaine. Les sapeurs pompiers font tout leur possible pour limiter les dégâts quoique la forêt subisse d’autres pressions inqualifiables. Rien qu’en 2017, 7% de sa surface ont été perdus à jamais et 4% disparaît chaque année. Les autorités n’arrivent pas à gérer comme il se doit la pression migratoire des populations venant des régions du Sud notamment, à la recherche d’une meilleure qualité de vie.

Des milliers de migrants démolissent ainsi les forêts pour en faire des champs d’arachides ou de maïs. D’autres sont payés pour couper les bois précieux qui font la renommée de la région Menabe. Un business très lucratif tourne autour de ces cultures au vu et au su de tous dans les forêts. « Les arachides sont vendues à des Chinois et le maïs approvisionne l’industrie de la brasserie et de la provenderie à Madagascar », décrit le WWF en rajoutant que si rien n’est fait, Menabe Antimena disparaîtra en 2050. « À ce rythme, cette aire protégée ne sera plus connue que dans les contes et légendes de Morondava », regrette Jonah Ratsimbazafy, du groupe d’Études e t de recherche sur les primates (GERP).

C’est pourtant l’un des plus importants blocs de forêts sèches du pays avec une superficie totale de 210 312 ha dont 10 000 de forêts sèches et 24 000 ha de mangrove. Près de deux cents espèces de plantes, quarante espèces de reptiles, cent vingt six espèces d’oiseaux et deux cents espèces d’amphibiens, pour ne citer que cela, y sont recensés.

Non dynamique

L’aire protégée qui abrite les fameuses allées des baobabs est gérée par l’organisation non gouvernementale Fanamby. Celle-ci détient les décrets de création définitifs de Menabe Antimena avec quatre autres aires protégées, ainsi que le contrat de délégation de gestion en 2006. Dans son plan d’aménagement et de gestion de l’aire protégée, il y est mentionné que « la gouvernance partagée est considérée comme la plus appropriée pour la gestion durable du territoire de Menabe Antimena ».

Comme structure, un comité d’orientation et de suivi et un organe de gestion sont mis en place. « Le plan parle d’une utilisation durable des ressources naturelles de l’aire protégée, dont on attend la contribution à la sauvegarde et l’amélioration de la qualité de vie locale. L’ONG se fixe, en outre, un plan d’aménagement concerté du territoire. Mais, jusqu’ici, ces résultats attendus ne sont pas assez palpables d’où ces ravages incessants de la forêt », indique un responsable du ministère de l’Environnement et du développement durable. Aux explications toujours, « la gouvernance n’est pas suffisamment partagée, d’où ces agissements incontrôlables dans la forêt. Il manque la création d’activités économiques autonomes et durables pour les communautés de base qui, à défaut, deviennent soit d’éternels quémandeurs soit des destructeurs».

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