Editorial

Sans aplomb

Trois jours de négociations pour aboutir à une baisse de 100 ariary pour le litre de sans plomb. Un maigre résultat eu égard à la campagne de communication ayant entouré les pourparlers avec les pétroliers assortis de propos menaçant. Quand on sait que les premières négociations n’ont abouti à rien alors qu’elles ont duré plusieurs semaines, on se demande si l’accord établi entre l’État et les pétroliers était volontaire et sincère, sans la moindre menace. Ou a t-il été obtenu au forceps comme l’autorisation de vol des hélicoptères lors de la campagne électorale, les résultats des élections.

Dans les cas, la situation est toujours grave. Si les pétroliers ont accepté volontairement la baisse de prix qu’ils ont refusé à maintes reprises, c’est qu’il s’agit de véritables carnassiers. Cela justifierait les arguments de l’État qui est formellement convaincu que ces pétroliers obtiennent des profits énormes et effectuent une véritable ponction publique. Depuis plusieurs années, depuis le temps où le secteur pétrolier a été privatisé, ils auraient donc tiré profit d’une situation avantageuse.

Dans le cas contraire, si l’État avait pesé de tout son poids contraignant les pétroliers à accepter l’accord de gré ou de force, cela constituerait une grave menace pour le monde des affaires et des investissements. Le fait que les compagnies pétrolières ont délégué des personnes de seconde zone dans les discussions laisse croire qu’elles y allaient à contre-cœur, visiblement sous pression. C’est un retour en arrière avec l’ingérence de l’État dans les affaires privées. Le processus de privatisation engagé en 1996 avait vu le désengagement de l’État dans la gestion de plusieurs secteurs dont les banques, les hydrocarbures, la communication..

Certes, le marché du carburant est capital dans la vie économique du pays mais il faut respecter ce que l’État a signé. La continuité de l’État ce n’est pas seulement jouir de l’héritage des projets laissés par le régime précédent comme le pipeline dans le Sud, l’autoroute de Toamasina, le port de Toamasina, l’aéroport d’Ivato, la route Ambilobe -Vohemar, la RN 9 Toliara -Manja, le barrage de Volobe, les gares routières… c’est aussi avoir l’honnêteté et la droiture de respecter toutes les signatures antérieures. On ne peut pas remettre en cause les termes de la privatisation et la loi du marché sous prétexte qu’on a promis à la population de baisser le prix, que les pétroliers engrangent beaucoup de marge bénéficiaire. On n’est plus en période de transition où le prix était gelé que cela plaise ou non aux pétroliers.

Maintenant on attend l’effet que cette baisse « historique » selon les propres termes du Président, fera dans la vie quotidienne de la population en l’occurrence le prix des produits de première nécessité, le transport, le service…
Le plus important n’est pas de baisser le prix ni d’augmenter le salaire minimum mais de donner un sens au pouvoir d’achat. Pour le moment on s’occupe davantage du paraître au détriment du bien être.

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