Accueil » Actualités » Protection des enfants – Des victimes de viol rejetées
Actualités Social

Protection des enfants – Des victimes de viol rejetées

La violence envers les enfants au centre de discussion à l'hôtel Colbert Antaninarenina, hier.

Revictimisée. Hanta, mère de famille, a été obligée d’éloigner sa petite fille de sa belle-famille. Elle a porté plainte contre son mari en le soupçonnant d’avoir violé leur fille de 4 ans. Sa belle-famille n’était pas contente. « Ma fille m’a raconté que son père l’a touchée. J’ai demandé explication au père qui a nié tout en bloc. J’ai porté plainte quand-même car le témoignage de ma fille m’a effrayée. Ma belle-famille a protégé mon mari. Ses parents, ses frères et sœurs nous ont menacés, moi et mon enfant. Ils m’ont forcée à suspendre la procédure, mais j’ai refusé », témoigne-t-elle.
Ce rejet des enfants victimes de viol serait fréquent dans des cas de viol incestueux. «Souvent, la famille et les proches de l’auteur témoignent de la haine envers la victime. Ils culpabilisent cette dernière d’être la raison de la sanction de leur proche », précise Telina Rakotonarivo, assistante sociale au sein du centre Vonjy du Centre hospitalier universitaire de la Gynécologie obstétricale à Befelatanana. C’était à l’hôtel Colbert Antanina­renina, hier, dans le cadre de la dissémination de l’étude sur la violence envers les enfants, organisée par le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef).
Comme l’indique ce fait, la protection des enfants reste vulnérable au niveau du noyau familial. Cette étude sur la violence effectuée sur deux mille cinq cent personnes dans douze sites des six provinces a, par exemple, montré que neuf enfants sur dix déclarent avoir été victimes de châtiment corporel au sein de leur famille. Et la communauté, les familles et les enfants tendent à justifier la violence physique à « visée éducative ». Par ailleurs, les cas de viol incestueux gagneraient du terrain.
Différents dispositifs sont déjà mis en place pour la protection des victimes. À l’instar des centres Vonjy, à Antananarivo, Nosy Be, Toamasina et Mahajanga, les réseaux de protection de l’enfant. Beaucoup restent à faire, ne serait-ce que le signalement des cas, la mise en vigueur des différents textes sur le droit des enfants, le renforcement de l’accompagnement psychologique et la réinsertion des victimes.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter