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Crise sanitaire – Des familles plongent dans la précarité

De nombreuses familles comptent sur l’aide de l’État telle que le Tosika fameno.

La crise sanitaire fait plonger plusieurs familles dans la précarité. Même les familles qui avaient des sources de revenus stables, il y a encore quelques mois, ont maintenant du mal à subvenir à leurs besoins quotidiens.

« Même les familles appartenant à la classe moyenne font la queue avec les familles les plus démunies du quartier, maintenant, pour bénéficier des aides de l’État », affirme un président de fokontany à Manjakaray.

Sans revenus, beaucoup commencent à vendre leurs biens, à savoir des appareils électroniques, des appareils électro-ménagers, des meubles, et même des vêtements. Iriana, une mère de famille, a publié sur Facebook, récemment, une photo de son « rice-cooker » et de son four à micro-ondes, avec la mention « À vendre ». Elle a inscrit dans cette publication : « Déjà utilisés, mais en bon état ». Cette mère-célibataire nous confie que ces appareils électro-ménagers lui sont chers, mais elle est obligée de les vendre, pour nourrir sa famille. « Je travaille comme organisatrice d’évènements. Je n’ai plus de contrat depuis mars. Et mon épargne commence à être épuisée. Je ne sais pas comment je vais nourrir mes enfants si cette crise perdure », déplore-t-elle.

Une famille à Ivato témoigne, également, qu’elle a déjà vendu des appareils électroniques comme des clés USB, mais aussi les vêtements de la mère de famille. Elle s’apprêterait à vendre un four et un appareil photo. « J’ai acheté cet appareil photo à dix millions d’ariary, je ne l’ai utilisé que rarement, mais je dois le vendre à moitié prix initial afin de subvenir aux besoins de ma petite famille et acquitter nos loyers impayés depuis trois mois », témoigne le père de famille.

Beaucoup n’arrivent plus à payer leur loyer. Narindra Randrianarimanana, sa femme et son fils vivent, depuis peu, dans une petite pièce avec ses beaux-parents. Ce père de famille n’a pas de travail et sa femme, employée d’une entreprise franche, est en chômage technique. « Nous n’avons plus le moyen de payer notre loyer qui s’élevait à vingt mille ariary. On a dû déménager », lance-t-il.

« L’État doit agir vite pour éviter que les choses empirent », suggère le Pr Olivaniaina David Rakoto, économiste. Il propose le déconfinement partiel avec des mesures de contrôle très strictes. « L’ouverture des entreprises et des magasins doit être autorisée. L’heure d’ouverture doit être prolongée jusqu’à 16 h. Par contre, les entreprises qui ne respectent pas les gestes barrières, comme l’utilisation de gel désinfectant, le port du masque, la distanciation, doivent être sanctionnées sévèrement, pour éviter la hausse des cas », ajoute-t-il.