Editorial

Concert de fausses notes

Les opposants sont presque réduits au silence. Ceux qui osent ouvrir la bouche n’ont pas grand-chose à mettre sous la dent. Ils n’intéressent personne. À part eux-mêmes. Pour autant, le président de la République Andry Rajoelina n’est pas à l’abri des mauvaises surprises. Aussi a-t-il pas intérêt à suivre de près, à avoir un œil sur le mouvement des troupes dans son propre camp politique.

Déjà la distanciation sociale adoptée par le Premier ministre Christian Ntsay à son égard a été une matière à réflexion inépuisable pour les spéculateurs de tout poil. La dernière apparition publique, ensemble, des deux chefs de l’Exécutif a été enregistrée le 20 avril à Itaosy. Puis au siège de l’Institut malgache de recherches appliquées, IMRA, à la présentation et au lancement officiel du Covid-Organics, la décoction anti-coronavirus.

Après, Christian Ntsay a déserté le front de la lutte contre la pandémie. Pour rebondir, à bord d’un hélicoptère, dans des districts- Vondrozo-Iakora-infectés par le paludisme. Il a refait parler de lui par cette demande d’explication imposée à l’Institut Pasteur de Madagascar sur les 67 cas « douteux» confirmés du Covid-19. De tout cela, des analystes essaient d’ériger une espèce de parallélisme de formes entre lui et son homologue français Edouard Philippe. Ce dernier a dirigé les actions, couronnées de succès, pour annihiler le mal dans l’hexagone. Au point que la montée de sa côte de popularité inquiète le cercle des fidèles d’Emmanuel Macron pour la prochaine présidentielle.

Christian Ntsay, quant à lui, est bien trop timoré pour avoir une autre ambition politique à l’étage supérieur de la primature. Mais un autre a déjà tenté sa chance dans la course à la magistrature suprême, Hajo Andrianarivelo, actuel ministre de l’Aménagement du territoire et des travaux publics. Avec Christian Ramarolahy, ministre de l’Énergie et des hydrocarbures, le fondateur du parti MMM aura été le grand absent de la distribution des cache-bouches et de la campagne de sensibilisation sur les bienfaits du Covid-Organics.

Des députés IRD des six arrondissements n’ont pas non plus manifesté un enthousiasme particulier à suivre les directives présidentielles. Celui du quatrième, Paul Bert Rahasimanana, Rossy pour son pseudonyme d’artiste, n’a pas caché un relent de malaise. Des opportunistes, selon ses dires, infestent les quartiers défavorisés. Sans avoir été des militants pro-Andry Rajoelina, ceux-là usent et abusent le nom du président de la République pour faire des soidisant actions sociales, déplore Rossy.

Quant à Naivo Raholdina, orateur de talent à la langue bien pendue, il se distingue dans un registre peu flatteur, la chasse aux sorcières. Ses agissements ont déjà porté leurs fruits dans le fokontany d’Analamahitsy-Cité. Vivier de voix pour le TIM où tous ceux qui ont servi les habitants depuis des années ont été tous destitués de leurs fonctions. Remplacés par des illustres inconnus des riverains.

Enfin, Clémence Raharinirina, ancienne journaliste, devenue présidente d’une Association des taxis-ville, tête de liste de l’IRD aux dernières municipales, s’offusque de ne pas être consultée par la CUA dans ses prises de décision. Il est temps pour le chef d’orchestre de mettre un terme à cette symphonie cacophonique. Pour que les tympans fragiles, sensibles et indiscrets n’entendent pas davantage.

1 commentaire

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  • Il est impossible de dire qu’un candidat non connu de la grande population des hauts-plateaux puisse gagner les prochaines élections présidentielles.
    Je ne suis pas fataliste mais la réalité contractuelle et historique en dit long sur ce choix de vote.
    Il est même important de connaître ce q’en pense cette population qui rassemble plus de 3 millions d’électeurs fidèles aux urnes largement au-dessus du nombre de moins d’ 1 million ailleurs même réunis et dont la moitié « ne vote jamais », du dernier président originaire de la côte marine, et de ses prétendants à sa succession aujourd’hui ?