Faits divers

Escroquerie de haut niveau – Une candidate à Atsimondrano poursuivie

Certaines des parcelles ont été entre-temps immatriculées aux noms d’autres personnes.

Candidate aux législatives à Atsimondrano, une gérante d’entreprise fait l’objet de plainte pour escroquerie dont les préjudices dépassent le milliard d’ariary.

Une escroquerie de haut niveau mêlée d’abus de confiance fait du bruit dans le landerneau. Faisant tout récemment l’objet de plainte auprès de la Section des Recherches Criminelles (SRC) de la gendarmerie nationale à Fiadanana, une candidate aux législatives dans le district d’Antananarivo Atsimon­drano se retrouve clouée au pilori. Les préjudices de l’entreprise plaignante s’élèvent à un peu plus d’un milliard d’ariary, l’équivalent de la somme en numéraire et en chèques bancaires versée et encaissée en totalité par la candidate via sa société, avec une pile de reçus en bonne et due forme en retour. Alors que la propagande bat son plein, la candidate fait l’objet d’une demande d’interdiction de sortie du territoire auprès du tribunal.
L’affaire houleuse porte sur une acquisition de terrain. À la tête d’une entreprise opérant dans le foncier, la candidate a conclu, en sa qualité de gérante et en son nom personnel, un contrat d’acquisition de parcelles de terrain à Andranoambo Ambohimanarina, au bénéfice d’une société en expansion qui a fait appel à son service.
Interdite bancaire
Signé au mois d’octobre 2016, le contrat stipule que la candidate, à travers son entreprise, intervient en qualité de promettant vendeur et se déclare pouvoir de se rendre régulièrement propriétaire des parcelles en question, dans le respect des différentes formalités et procédures prescrites par la loi, pour les céder ou les faire céder à la société cliente, bénéficiaire acquéreuse.
L’accord établi prévoit la mise à disposition au promettant vendeur des financements nécessaires pour le paiement des frais y afférents. Des fonds s’élevant à un total dépassant le milliard d’ariary ont été, de ce fait, empochés par la candidate avec accusés de réception, selon un calendrier de paiement défini.
Le contrat souligne que les procédures légales d’acquisition aboutissant à la délivrance de titre de propriété à la société cliente, bénéficiaire acquéreuse, devaient être réglées dans un délai ne dépassant pas trois mois après signature du document.
Menée en bateau pendant plus de deux longues années, après signature du contrat sans que l’acquisition n’aboutisse à rien malgré le paiement de sommes faramineuses, la société cliente a demandé remboursement. Sur les près d’une cinquantaine de parcelles promises, seules quatre ont été livrées et régularisées. Des vérifications effectuées par la victime ont, de surcroît, révélé que certaines parcelles ont été immatriculées aux noms d’autres personnes et des suspicions de faux planent sur des promesses de vente. Exposée à des poursuites pénales, la candidate a émis des lettres de change pour s’acquitter d’une partie de la somme à retourner, mais celles-ci ont été renvoyées par la banque pour défaut de provision. Ne sachant plus à quoi s’en tenir face à la candidate interdite bancaire, la victime a entamé des poursuites judiciaires depuis le mois d’avril.