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Transports aériens – L’Adema navigue à vue

Jean  Germain  Andrianaina,  nouveau  directeur général  de  l’Adema.

L’arrivée d’un nouveau directeur général, Jean Germain Andrianaina, suffira-t-elle à sauver l’Adema de sa mauvaise posture actuelle ? Le doute est permis dans une atmosphère pesante.

Il a beau esquisser un programme en tout point remarquable. Mais le nouveau directeur général de l’Adema, Aéroports de Madagascar, Jean Germain Andrianaina, peine à convaincre dans ses bonnes et louables intentions. Quand bien même, il a gravi tous les échelons dans cette entreprise pour être là où il est depuis hier. Dans la mesure où son prédécesseur, l’inamovible Herison Andriamihafy, qui a passé vingt-cinq ans aux manettes, n’y est pas allé sur le dos de la cuillère pour ses « maux » d’adieu. « 80% du chiffre d’affaires de l’Adema se réalise dans la gestion des aéroports d’Ivato et de Fascène à Nosy-Be, cédée pour des années encore à une autre société » a-t-il admis.

Des contrats de longue durée, en contrepartie des nouvelles infrastructures aux normes internationalles, conclus dans des conditions non-élucidées par les barons du régime HVM. Dont les contenus aussi lugubres que approximatifs ont été étalés dans les colonnes d’un quotidien sous le format d’un feuilleton à plusieurs épisodes. Sur fond(s) de révélations d’une frustration face à l’invasion d’un néo-colonialisme rampant. Il est vrai que ceux qui ont gagné les dividendes sur le long terme de ces mises en concessions ont formé un consortium franco-français. Ceci étant, Jean Germain Andrianaina a souhaité que l’État, principal actionnaire de l’Adema, révise ces faits accomplis. Mais comment ?

Sécurisation

Déjà que la gestion de la sécurisation de ces joyaux aéroportuaires génère un conflit d’intérêts en haut lieu. Pouvant éclabousser l’union sacrée au sommet du pouvoir. Durant la Transition, ce service avait été confié un moment à la société luxembourgeoise SRDI. Mais une décision du Conseil des ministres de l’époque, à la surprise générale, avait mis fin aussitôt à cette coopération technique financée par des bailleurs de fonds. Sans la moindre raison apparente. Cette sournoiserie remise au (mauvais) goût du jour risque d’allonger la liste des sujets qui fâchent opposant la France à Madagascar.

D’autant que par le va et vient incessant des vagues successives du coronavirus à travers le monde, la reprise effective des trafics aériens devient des plus aléatoires. Aucun pays n’ose encore prendre le risque d’une ouverture intégrale de ses frontières aériennes. Les mutations du virus étant ce qu’elles sont, la vaccination apparaît comme un remède des plus dérisoires. Rentabiliser la gestion des aéroports passe pour être un exercice de haute voltige.

Ce contexte empli de doutes et d’incertitudes n’empêche pas Jean Germain Andrianaina de dessiner un master plan plus ou moins ambitieux pour l’Adema. Possédant l’exploitation de 56 aéroports, dont 12 principaux et 44 secondaires. Elle entend « fonder » 4 hubs. À Andrakaka dans le Nord, à Toamasina à l’Est, à Mahajanga et à Toliara. Un quadrillage du terrain nécessitant de gros investissements. Des appels dans ce sens ont été lancés mais tombés dans l’oreille de sourds par la pandémie du coronavirus. Ainsi, l’avenir de l’Adema repose sur des facteurs endogènes. La volonté de l’État de lui redonner sa lettre de noblesse par l’éviction de sa concurrente. Une opération délicate à même d’écorcher les relations diplomatiques mal en point avec la France. Et exogènes, la remise à flots des flux aériens internationaux demeure une condition minimale pour au moins valoriser les patrimoines de l’Adema. En somme, l’horizon semble pour le moment bouché. En attendant une belle éclaircie tombée du ciel.

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