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Chronique

Otus, Flotus, oneofus

Ce n’est pas seulement du folklore. Un peu beaucoup, mais tellement bien mis en valeur que c’en est devenu institutionnel. Les acronymes POTUS (President Of The United States) et FLOTUS (First Lady Of The United States) n’ont pas été inventés par les «Pères Fondateurs» en 1776. À une époque où le cheval, la diligence, le bateau, étaient encore les uniques moyens de transport, ceux-là n’avaient pas non plus idée d’un autre symbole, qu’on croirait pourtant immémorial, l’Air Force One.

Comme la bannière étoilée qui ne manque jamais d’apparaître, de manière (presque) tout à fait anodine dans un film Made in Hollywood, les Américains ont le chic de faire comme si leur jeune histoire est presque aussi vieille que l’Antiquité gréco-romaine dont leur capitale fédérale pastiche abondamment architecture et statuaire.

Quand on les a entendus scander «USA, USA» un 4 juillet, on devine que leur US-centrisme est flatté par cette investiture du 20 janvier: ce jour-là, Washington est la capitale (au moins médiatique) du monde. Moscou, Paris, Pékin, n’ont pas acquis cette stature. Que l’investiture de POTUS survienne à date fixe en a fait le succès: rendez vous est pris au moins quatre ans à l’avance.

La première fois que j’entendis POTUS, je crus à une parodie astérixienne des noms romains (réels) de l’Antiquité: JuliUS, CaiUS, AugustUS, MariUS, BrutUS, FlaviUS, ClaudiUS, qu’Uderzo et Goscinny se firent un plaisir, et un talent, de détourner: BonUS (avec malus), TerminUS (l’Hôtel), MotUS (et bouche cousue), CubitUS (sans oublier humerus ni radius), CoronavirUS (prémonitoire)…

Si POTUS avait été inventé dans le code télégraphique étasunien dès 1895, j’avoue n’avoir entendu qu’en cette veille de transition Trump-Biden, FLOTUS: c’est Nancy Reagan, dont l’époux Ronald accomplit deux mandats entre le 20 janvier 1981 et le 20 janvier 1989, qui en eut la primeur.

Si SCOTUS (Supreme Court Of The United States) et les instances judiciaires américaines peuvent chercher à embêter Donald Trump dans les prochains jours, les 74 millions d’Américains qui avaient encore voté pour lui, malgré mille quatre cent soixante jours d’acharnement médiatique, diront qu’il est juste l’un des leurs, «OneOfUS».

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