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Environnement – Le paulownia l’arbre idéal de la reforestation

Zaka  Rakotoarison  dans  la  pépinière  de son  laboratoire.

Avec les contraintes sur les exploitations de bois précieux et de bois d’œuvre, des alternatives se mettent en avant. Le paulownia, arbre venu de Chine convient bien au défi de la reforestation.

Rentable mais méconnue. C’est en ce sens que l’exploitation paulownia peut se traduire sur la totalité du territoire national. Un constat expliqué hier à Ambatolampy Tsimahafotsy, à l’occasion de l’ouverture de la saison 2021 de la campagne de reboisement national, par Zaka Rakotoarison, fondateur de Robens Group, qui se consacre à l’exploitation de ce type d’arbre.

« La forêt constitue la principale source de matériaux et d’énergie pour la population malgache. C’est une matière première accessible pour les populations aux revenus limités. Les utilisations du bois sont multiples, dont l’ameublement et les aménagements intérieurs et extérieurs, charpentes, construction et structure, outils, art, bois énergie ou charbon de bois, fibres, molécules d’intérêt » explique le fondateur de Robens Group.

Ces dernières années, la consommation en bois de construction, d’œuvre et de service connaît un accroissement, et ceci tout particulièrement en milieu urbain. Une contrainte se pose pourtant en raison du rythme alarmant de la déforestation. S’ajoutent à cela les exploitations illicites et les trafics illégaux de bois précieux. Un des enjeux importants pour la conservation de la forêt malgache consiste en une utilisation raisonnée et durable des ressources forestières. Raison pour laquelle nous œuvrons pour la promotion du Paulownia »

« Selon les estimations, il faut près de cinq millions d’ariary pour planter un hectare de paulownia. D’abord, il faut acheter cinq jeunes plants à six ariary l’unité. Ensuite, les conditions exigées par la culture nécessitent également quelques dépenses. Mais les techniciens sont formels car la rentabilité du paulownia est dix fois plus que le coût de revient. Après la première coupe au bout de cinq ans, il donne des rejets comme l’eucalyptus, avec exactement les mêmes qualités que l’arbre initial, c’est-à-dire solide et bien droit » rassure Zaka Rakotoarison.

Une plante peu connue

Ainsi, on peut très bien développer un business grâce au paulownia. Car il donne des rejets qui permettent plusieurs récoltes. Son prix est assez élevé, donnant un retour sur investissement dès la première «récolte». Un mètre cube de bois de paulownia coûte près de deux cents dollars sur le marché, et huit cents dollars à l’exportation. Un hectare de plantation produit 125 m3 de bois en moyenne, sans parler de l’engrais obtenu par les feuilles et le bois de chauffe avec les branches. La production d’un hectare, qui a coûté cinq millions d’ariary, se vend donc à cinquante millions d’ariary sur le marché local, c’est-à-dire dix fois plus que l’investissement initial, et encore plus à l’exportation.

Personne, à part les scientifiques, ne connaît le paulownia à Madagascar. Actuellement, il n’existe encore que quelques essais de plantation, effectués un peu partout dans l’île. Et pourtant, il suffit d’une séance d’explications pour comprendre la grande valeur de cet arbre originaire de la Chine. Le paulownia est un arbre à croissance rapide. Il pousse quatre fois plus vite que les autres arbres. En cinq ans, sa taille peut atteindre 12 m avec un diamètre du tronc de 30 à 50 cm. C’est un palliatif efficace pour remplacer les bois d’œuvre utilisés couramment à Madagascar, dont le pin et l’eucalyptus. Il peut même suppléer les bois semi-précieux. Sa plantation constitue un investissement rentable au bout de cinq années.

La rentabilité du paulownia est dix fois plus que le coût de revient, malgré les conditions culturales exigées.

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