Economie

Import-export : Des dépenses fiscales douanières importantes

Lainkana Zafivanona Ernest, directeur général de la Douane entend redoubler d’efforts cette année avec une nouvelle stratégie

Le bilan 2019 de la Douane malgache a fait ressortir une proportion non négligeable des droits et taxes non collectés. Des politiques de détaxation sont à revoir.

Le tarif préférentiel a ses revers. L’admi-nistration douanière enregistre 38,2% de pertes tarifaires et de dépenses fiscales en 2018.L’importation de certains biens d’équipements tels que du matériel agricole ou encore des panneaux solaires avec zéro taxe entre autres,n’a pas été des plus intéressantes au vu des chiffres sortis par la direction générale des Douanes. Pas intéressantes dans la mesure où les dépenses fiscales douanières connaissent une hausse par rapport aux années précédentes. En 2016, les dépenses fiscales regroupant les TVA et les droits de douanes ont été de 377,5 milliards ariary, celles-ci passent à 619,9 milliards ariary l’année suivante et en 2018, les dépenses fiscales atteignent 750,8 milliards ariary.

Le choix sur les produits à tarif préférentiel entre en enjeu vu que durant trois années consécutives, la production agricole ne connait pas encore le boost attendu. Le riz ou encore le maïs restent entre autres des produits encore à importer. 348 milliards ariary de dépenses fiscales douanières pour le riz. De même que les biens pour l’énergie renouvelable, dont la politique consiste à les vulgariser en cette période de transition énergétique.

Stratégie
Sans oublier les médicaments qui pèsent 137 milliards d’ariary de taxes non collectées. Toutefois, l’importation connaît une légère baisse en 2019 par rapport à 2018. 3576 milliards d’ariary en valeur FOB en 2019 contre 3626 milliards d’ariary en 2018. Les dépenses fiscales douanières proviennent également des droits et taxes non collectés sous tarif préférentiel issu des accords d’exportation vers le marché du COMESA, de l’APEI, de la SADEC et de la COI. 185,8 milliards d’ariary en tout pour l’année 2019. Alors que le volume du commerce vers ces marchés sous tarif préférentiel avoisine encore une valeur modeste de 377 milliards ariary. L’exportation de produits miniers engendre des dépenses fiscales douanières de 71,2 milliards ariary. Les entreprises en Zone franche, 6,7 milliards ariary. Les exonérations exceptionnelles font « perdre » quelques 20,5 milliards ariary à la Douane. Lainkana Zafivanona Ernest, directeur général de la Douane fait remarquer une courbe ascendante dans l’exportation, notamment dans les produits de rente.

« En 2018, l’exportation de la vanille a atteint une valeur de un milliard de dollars. En 2019, elle est descendue à 588 millions de dollars » soulève-t-il. À lui de souligner, que son département a dépassé ses objectifs l’année dernière avec 2748 milliards ariary de recettes avec un « excédent » de près de 115 milliards ariary. « Vers la fin de ce mois, nous comptons déployer une nouvelle stratégie pour la Douane. Depuis 2005, la Douane connaît des hauts et des bas, il y eut sept ans au total où les objectifs n’ont pas été atteints et sept autres années, où les objectifs de recettes ont largement dépassé les attentes. Outre les réductions du délai de dédouanement dont le minimum est de trois heures, d’autres actions se poursuivront cette année » finit-il.