Traçabilité - Les ustensiles en aluminium à normaliser


Les déboires des marmites malgaches exportées à l’île de la Réunion a motivé l’État à normaliser les ustensiles fabriqués notamment avec de l’aluminium. Normes volontaires. Les problèmes d’émission de plomb dans les ustensiles dits d’«Ambato­lampy » exportés à La Réunion dernièrement, indiquée à plus de 400% que la normale, ont conduit la direction générale de l’Artisanat, le ministère du Commerce à travers le Bureau des normes de Madagascar (BNM), et les parties prenantes à la filière, à établir des normes. Les normes concernent non seulement les marmites mais également les ustensiles de cuisine fabriqués en alliage d’aluminium. « Les normes fixent les limites maximales admissibles de métaux lourds dans les ustensiles de cuisine faites en aluminium ou en alliage d’aluminium. Elles s’appliquent aux différents objets fabriqués avec cette matière, destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires », explique Séraphin Razafimahafaly, directeur général du Bureau des normes de Madagascar (BNM). L’établissement des normes s’est basé sur des normes ISO semblables, déjà existantes ailleurs. Les limites admissibles d’émission de plomb ne doit pas ainsi dépasser, 5mg/l pour les articles de cuisson. L’aluminium utilisé est tenu de respecter des critères de pureté et des limites de composition. Compétents Les normes sont dites volontaires, car elles n’ont pour l’heure, pas de caractère d’obligation, mais se présentent comme un cadre de référence, des prescriptions techniques et qualitatives du produit, à suivre par les opérateurs désirant de les appliquer. La bataille de la traçabilité, condition sine qua non à l’exportation des ustensiles s’annonce ainsi rude. Quid de la capacité des opérateurs à tester dans des laboratoires compétents leurs produits et, par extension, l’État est-il aussi prêt à appuyer le processus, en allant plus loin en imposant une normalisation obligatoire ? Les précisions de Kajaly, directeur général de l’Artisanat, appuient que la mise à disposition de la Norme 602-1 relative aux limites admissibles de métaux lourds dans les ustensiles de cuisine en aluminium et en alliage d’aluminium est disponible et en phase expérimentale depuis la fin octobre de cette année. « Nous sommes en pleine phase expérimentale. Le ministère avance petit à petit vers une normalisation obligatoire, constituant ainsi une règlementation pour les opérateurs », explique le directeur général de l’Artisanat. Aucune étude ni des statistiques exactes à Madagascar ne démontre le genre de maladies provoquées par le fort taux de présence de matériaux lourds dans les ustensiles finis. Les enjeux sont importants dans l’origine douteuse des matières premières utilisées actuellement dans les fonderies, dont la santé des consommateurs en premier lieu, car faute de disponibilité d’aluminium, ou d’alliage digne de ce nom, même des blocs moteurs sont concassés et fondus pour fabriquer des marmites…
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