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Îles éparses – Bataille sur la souveraineté

Six heures d’échanges n’ont pas suffi à la commission mixte pour trancher sur la question de la souveraineté des îles éparses. Une deuxième manche est annoncée à Paris, en décembre vraisemblablement.

L’existence d’un différend. C’est ce qu’a concédé la commission mixte sur les îles éparses à l’issue de sa première réunion d’une durée de six heures, hier, au palais d’Andafia­varatra. Un différend qui porte sur la souveraineté sur ce que les Nations Unies reconnaissent comme étant « les îles malgaches de l’océan Indien ».

À la lecture du communiqué conjoint rapportant la teneur du face-à-face, autant Madagascar, que la France affirment leur droit sur les îles éparses. À son point 6, il est rapporté que « les deux délégations ont acté l’existence, à ce stade, d’un différend sur la question de souveraineté ». Il y est indiqué que « pour Madagascar, le différend porte sur le processus de décolonisation inachevée du pays, conformément au droit international (…) ».

Toujours à son point 6, la missive conjointe ajoute qu’« à cet effet, la restitution de la souveraineté de Madagascar sur ces îles reste une question fondamentale dans la négociation et constitue une question devant être abordée préalablement à l’examen et à l’adoption d’une solution commune de développement ». Ce point du communiqué indique aussi, « le chef de la délégation française a présenté les éléments fondant les bases juridiques et la licéité de la souveraineté française sur ces îles, conformément au droit international ».

Au sujet de la souveraineté sur les îles éparses, chaque partie au sein de la commission mixte a, visiblement, fait valoir ses arguments juridiques durant cette première réunion. Cela n’est pas étonnant étant donné que d’éminents juristes internationaux sont en frontline des négociations, dans le camp malgache, notamment.

Il a tablé ses arguments sur la résolution onusienne de 1979, acquiesçant la rétrocession des îles éparses à Madagascar.

Match retour en décembre

Dans l’interview qu’il a accordée à Jeune Afrique, en juin, le professeur Raymond Ranjeva qui compose l’équipe de négociateurs malgaches au sein de la commission mixte a déclaré, « en 1960, c’était une décolonisation tronquée. Les îles ont été coupées du territoire de Madagascar par un acte unilatéral de l’autorité française le 4 avril, après la clôture des négociations, à la veille du paraphe des accords en vue de l’indépendance ».

Le point 7 du communiqué conjoint des deux parties au sein de la commission mixte, il est indiqué que « dans l’attente du règlement de ce différend, le chef de la délégation française a présenté les propositions de la France en faveur de perspectives communes de développement dans cette zone (…) ». Il est probable que parmi ces propositions figure « le partenariat », voulu par Emmanuel Macron, président français, pour la préservation de la biodiversité des îles éparses qu’il compte ériger « en réserve naturelle nationale [française] », à l’instar de la Grande glorieuse.

Durant une visite sur la Grande glorieuse, en octobre, justement, le chef d’État français a affirmé la souveraineté française sur les îles éparses, tout en insistant sur la cogestion. « Solution commune », et « développement commun », ont été martelés par Marcel Escure, chef de la délégation française, hier, en ajoutant, « ce n’est que le début d’un processus ». Au regard du communiqué conjoint, Madagascar ne ferme pas la porte à « une solution commune de développement ».

Dans un contexte où les négociations portent sur la rétrocession ou cogestion, la portée du terme « solution commune de développement », nécessite, toutefois, des précisions bien qu’il soit clairement dit que la restitution de la souveraineté malgache sur les îles éparses est un préalable. La mise en place de la commission mixte a été décidée par Andry Rajoelina, président de la République, et son homologue français, en mai, pour trancher sur l’avenir de ces terres.

La rencontre d’hier, de prime abord, n’a servi que de préliminaire. Sauf changement, le match retour se jouera à Paris, en décembre. D’ici là, la partie malgache devra muscler ses arguments pour faire abdiquer le camp français et l’amener à se plier à la résolution de 1979.

Suivant le deadline fixé par les deux Présidents, les négociations devront aboutir à une « solution commune », avant le 26 juin 2020, jour du 60e anniversaire du retour à l’indépendance de Madagascar.

 

10 commentaires

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  • Les  » Ayatollah  » de la restitution de ces îles éparses se perdent en conjectures . Le sort de ces îles éparses est scellé probablement depuis la rencontre au sommet des deux chefs d’états .La revendication émaillée d’arguments juridico-historiques crédibles sur la souveraineté de Madagascar sur ces îles est une sorte de baroud d’honneur pour ne pas dire un combat d’arrière-garde . L’enjeu principal pour notre délégation est de trouver à partir de maintenant un échappatoire moins douloureux pour la fibre patriotique des Malgaches . La cogestion est devenue un « gros mot  » pour bien de susceptibilités légitimes mais loin d’être réalistes dans l’immédiat . Une lecture fine de la position Française évoquant une « solution commune » et « développement commun » démontre la pertinence de notre flair que quelque part la cause est entendue . Il faudrait se mettre à l’évidence que le deuxième round des négociations à Paris mettra certainement La France en position de force avec un ascendant psychologique certain surtout la partie Malgache a ouvert une brèche grandement ouverte par notre disposition à ne pas fermer la porte à une solution commune de développement . Une posture lourde de sens . IL est question maintenant pour notre pays ( ce n’est nullement une offense ) de bien « sauver la face  » en tablant sur des points de négociations ne mettant pas en péril les intérêts supérieurs de la nation. Un élément capital à prendre en compte : 26 juin 2020 c’est dans 8 mois !

    • Ratovo
      brave
      en quoi le respect de la géographie et du droit fait de ceux que vous décrivez des janisaires de la légalité ?
      là où vous voyez des arguments je vois des réalités incontournables

      vous évoquez un ascendant psychologique de la France
      il n’a jamais cessé ce qui aurait du être le cas dés notre indépendance même si ma foi s’exprimer dans cette belle langue permet à min,ima d’avoir du succés au féminin admiratif

      vous concernant vous êtes en plein dedans l’emprise psychologique à force de vivre dans un fait acquis selon vous
      nous ommes pauvres et nous sommes incapables alors laissons ceux qui savent faire !!!

      et de voir un pays souverain se faire marcher dessus par un autre pays souverain ne vous gêne pas

      je vous sens adepte du consensus de façade , pour faire bien et à la page

      cessez de vous mêler de Politique , vous risquez d’être vite surpris de la finalité réelle de la France
      non seulement la France ne cédera rien mais elle nous humiliera encore

      comme si les atrocités passées n’ont pas suffit du temps du Panama, de Jina …etc…lorsque les colons apprenaient à nos compatriotes placides le vol en parachute sans parachute

      mais cela vous devez le savoir, je suppose.

      ces îles nous appartiennent, point barre

      Salam

      • Je suis stupéfait par la naïveté de certaines personnes qui pensent que par pures
        raisons Historiques et Nationalistes le Gouvernement Malgache réclame le retour, dans son sein, des îles éparses.
        La Chine par des pressions accrues sur le Gouvernement Malgache voudrait bien faire main basse sur ces îlots pour des raisons purement géopolitiques, et est prête à toutes les promesses envers les Malgaches.
        L’Inde par ailleurs a déjà commencé ses tentatives de rapprochement afin d’établir Port et Aéroport sur certaines de ces Îles abandonnées.
        Par ailleurs les découvertes récentes de poches pétrolifères dans le sous sol du canal du Mozambique attisent bien des convoitises y compris pour les positions géostratégiques fort intéressantes de ces cailloux permettant le contrôle des flux de marchandises vers l’Asie et aussi des navires pétroliers de l’Arabie vers l’Europe.
        Combinatzione ;….

      • BEKAMISY

        Beaucoup de vent ! Vous vous trompez de registre parce que je ne fais pas de la politique . Je me positionne comme un  » électron libre  » voire un observateur lucide . Recadrons bien les points de discorde avant de tirer des conclusions hâtives .Madagascar évoque un processus de décolonisation inachevée conformément au droit international . La France a apporté les bases juridiques et la licéité de sa souveraineté sur cet ensemble d’ îlots de l’océan Indien . A première vue les positions sont inconciliables . Toutefois le fait que la délégation Malgache a pris acte des propositions de développement commun de ces îles avec la France est un signe précurseur d’un début de fléchissement de notre côté . On ne va épiloguer sur les mots mais Dieu que ça ressemble déjà à un consensus de façade ou non comme vous le dîtes . Vous avez un grand défenseur de la restitution dans cette délégation à savoir Pr Raymond RANJEVA et dommage qu’il a snobé la photo officielle des deux délégations . J’ose espérer que vous ne tomberez pas sous l’emprise psychologique des pseudo-nationalistes rapportés par la presse comme James Ratsima, Arlette Ramaroson et pasteur Mailhol surtout la mobilisation populaire n’était pas au rendez-vous malgré le tapage médiatique …

      • Depuis toujours on constate comment la France traite les Africains:des sous-hommes.Déjà on a reçu un Sarkozy
        raciste avec les honneurs alors que c’est lui qui a dit ,alors qu’il était dans un pays africain, »l’homme noir n’est pas encore entré dans l’histoire ».Macron n’a même dit un seul mot sur les milliers de Malgaches morts pour la France durant la 2eme guerre mondiale ni des des 200.000 massacrés en 1947 car ils demandaient la nationalité française en échange du sang versé;jusqu’à maintenant Madagascar est le seul pays africain noir a avoir chassé l’armée néo-coloniale française dans les années 72.
        L’armée française est encore présente dans toutes ses ex-colonies,or c’est dans ces ex-colonies que DAECH prolifère;donc elle sert à quoi? je n’ose pas le dire.
        La faute aussi est à nous, car on est 700.000.000 de noirs francophones et on ne dit rien.
        Mais j’en suis sûr que la prochaine génération se lèvera et on dira aussi: »quand l’Afrique se réveillera »…comme
        on avait prédit sur la Chine il y a des années.Avant tout  » il faut compter sur ses propres forces « .

  • Je suis stupéfait par la naïveté de certaines personnes qui pensent que par pures
    raisons Historiques et Nationalistes le Gouvernement Malgache réclame le retour, dans son sein, des îles éparses.
    La Chine par des pressions accrues sur le Gouvernement Malgache voudrait bien faire main basse sur ces îlots pour des raisons purement géopolitiques, et est prête à toutes les promesses envers les Malgaches.
    L’Inde par ailleurs a déjà commencé ses tentatives de rapprochement afin d’établir Port et Aéroport sur certaines de ces Îles abandonnées.
    Par ailleurs les découvertes récentes de poches pétrolifères dans le sous sol du canal du Mozambique attisent bien des convoitises y compris pour les positions géostratégiques fort intéressantes de ces cailloux permettant le contrôle des flux de marchandises vers l’Asie et aussi des navires pétroliers de l’Arabie vers l’Europe.
    Combinatzione ;….

  • La proximité n’est pas qu’une notion de distance. C’est aussi la possibilité de rejoindre l’autre facilement malgré les distances. C’est aussi l’histoire commune qui fait que deux pays sont plus proches qu’à d’autres. Avoir en « commun ». Le « commun » des mortels.

    D’où « le commun » mérite bien sa place dans cette discussion que je refuse d’appeler négociation. Le patrimoine n’est pas négociable. Le patrimoine n’a pas de valeur quantifiable économique, parce qu’il ne doit jamais mourir de génération en génération.

    Pourquoi l’administration de la France a besoin de Madagascar ?
    Et pourquoi l’administration de Madagascar qui a le devoir de se stabiliser rapidement, et commencer immédiatement à le devenir, pour d’être moins démuni et pour être moins volatile, pour être moins inexistante au minimum international a besoin de la France ? (Nota Bene: absence d’ambassadeur diplomatique dans la capitale Paris France, est-ce la souveraineté recherchée ? et la discussion a quand même eu lieu, à quelle époque coloniale sommes-nous culturellement à l’internationale, sans être seule dans cette exposition malheureuse et heureuse )

    Nous souhaitons tous, toutes autour de ces îles la Paix, l’histoire commune préservée, la Vie préservée comme référence commune et internationale.
    La vitrine Malgache française dans l’Océan indien et aussi la vitrine admirative de la capacité à travailler ensemble avec la dissuasion et la cohésion internationale ( ce sont les forces française qui assurent le protectorat militaire depuis dans cette zone Sud de l’Océan Indien quand l’Angleterre et les USA dans la partie Nord Diego_Garcia face au Moyen Orient et l’Asie et la Corne de l’Afrique)

    • La situation géographique et le droit international attribuent la propriété de ces îles à Madagascar. Mais de nos jours cela ne suffit plus. Il faut être naïf pour croire que la France dans ces pseudos négociations de la commission mixte va lâcher ces bouts de terres qui se trouvent à 10000kms de ses côtes.

      Si on veut les récupérer alors il va falloir faire la guerre. Les malgaches sont-ils prêts à la faire ou plus précisément en ont ils les moyens ? Tout le monde peut y répondre…

      Tout est aujourd’hui une question de rapport de force, pas seulement militaire mais aussi pour d’autres critères : le « requérant » est-il dans les meilleures dispositions pour revendiquer cette souveraineté ?

      C’est une question d’opportunité et si cette affaire lui est tellement si chère pour qu’il en fasse une priorité zéro, posez-vous la question, pourquoi n’est-il pas allé à New-York en septembre dernier, plaider à la tribune des Nations-Unies lors de la 74eme session de l’AG et devant le monde entier, exiger la restitution de ces îles ?

      Si vous trouvez la réponse à cette question, alors vous verrez que Môssieur le filouhajaina n’est pas très bien placé pour demander quoi que ce soit.

      Comprenez bien que tout cela, c’est pour détourner les yeux des pôv malgaches des problèmes plus importants que ça.

      • Shalom,
        Tsy hoe hamaly ny lahatsoratr’i Asherman aho fa ireo rehetra manoratra eo ambony ireo. Tena mahay teny frantsay, katrakatraka be, daholo ianareo ka tsy takatray ambany QI. Fa aminay aloha tsy aleo ve mitambatra hanohitra ny fahavalo dia ny frantsay toy izay miady antrano sy mifanatsatsoe. Hampiome ny frantsay eo fotsiny!
        Aminay manokana, efa voatsipy ny taikely (les dés sont jetés). Efa resy isika fa mouvement io ataontsika io!!! Avereno any amin’ny OUA sy ONU ny afera e!!!
        Misaotra Tompoko