Les espèces d’ignames sauvages endémiques dans le Nord ne font l’objet d’aucune mesure de conservation ni de plan de gestion durable. Pourtant, la collecte s’intensifie. D’où le programme initié à Madagascar dans trois régions par Kew Madagascar Conservation Centre.
Le projet « Conservation des espèces d’ignames sauvages endémiques menacées dans le Nord de Madagascar » arrive au terme de ses activités. C’est un programme mené par Kew Madagascar Conservation Centre (KMCC), une organisation à but non lucratif qui œuvre dans la recherche et la conservation des ressources naturelles, en particulier les plantes comme l’igname, afin d’enregistrer les collecteurs pour contrôler la récolte. Madagascar possède d’importantes ressources naturelles valorisables telles que les ignames connus par leur nom vernaculaire Majôla ou Oviala, regroupées dans le genre Dioscore qui appartient à la famille des Dioscoreaceae. Plus de quarante espèces ont été recensées dont 90% sont à la fois endémiques et comestibles.
Les recherches effectuées ont pu montrer que le Nord de Madagascar est la zone la plus riche en ignames et les communautés les utilisent comme nourriture et sources de revenus. Pourtant, elles ne sont pas encore valorisées, elles sont même menacées. Dans la région Diana, vingt et une espèces d’ignames ont été recensées, dont seize sont endémiques. Selon les critères de l’Union internationale pour la conservation de la Nature, cinq sur ces espèces sont menacées d’extinction à cause de leur surexploitation, car elles servent d’alimentation et de produits de vente, et de la perte de leur habitat forestier.
Les communautés collectent les tubercules dans les forêts presque toute l’année et surtout pendant la période de soudure (février-mai). Aucune mesure de conservation ni de plan de gestion durable n’est encore disponible concernant les ignames, alors que la collecte s’intensifie chaque année à cause de plusieurs facteurs tels que la croissance démographique, l’immigration intensive… Ce qui menace les ignames sauvages de Madagascar.
Afin de conserver ces espèces et leurs habitats, en tenant compte des communautés bénéficiaires de ces ressources, KMCC a lancé dans trois régions de Madagascar, dont Diana, un projet de conservation, de gestion et de valorisation des espèces d’ignames sauvages pour la sécurisation alimentaire. Les cibles directes sont les ménages vivant au voisinage des forêts où l’on peut trouver ces plantes alimentaires.
Sécurité alimentaire
Selon les techniciens, le choix des zones d’intervention s’explique par le fait que ces régions sont riches en espèces d’ignames sauvages utilisées au quotidien par les habitants. Dans le Nord, le projet de conservation des ignames a démarré vers la fin de l’année 2015, grâce au financement de Darwin Initiative. Il s’est poursuivi jusqu’en 2020. Puis, grâce au financement de The Mohamed bin Zayed Species Conservation Fund (MBZ), pour une année d’activité (octobre 2020 – septembre 2021), « le projet igname » mené par KMCC a visé à mettre en place des sites pilotes. L’objectif de ceux ci est de gérer la collecte des ignames dans les forêts par l’enregistrement des communautés exploitantes et le contrôle périodique des ressources dans les forêts. Et ce, afin que les communautés puissent utiliser durablement les ignames et garder la stabilité des stocks dans les forêts. Le soutien des autres parties prenantes et des autorités régionales a été un facteur important dans la réalisation des objectifs au bénéfice de tout le monde et de la Nature.
« L’objectif global du projet est la conservation et la valorisation durable des ignames et donc, la sécurité alimentaire des communautés malgaches dans le Nord. Les activités se sont focalisées sur la plantation et la production d’ignames en dehors de ses habitats naturels, les forêts, afin de réduire la collecte. Elles ont également consisté à mener des recherches sur les espèces de la région pour une meilleure connaissance par les communautés de la valeur des ignames, et à mettre en place des plateformes durables pour un marché durable », précise Fenoniaina Rakotoarison, Office Manager – Botanist KMCC à Antsiranana.



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