Texto de Ravel

Tsaboy ny Gasy, soignez les Malgaches

La corruption sous toutes ses formes, à tous les niveaux et sur tant de choses paralyse notre pays. Cette corruption tue au sens littéral du terme des hommes, des femmes et des enfants. Les victimes sont nombreuses mais très peu osent dire la vérité. Les résultats de l’étude menée par Transparency International Initiative Madagascar mettent des mots sur les maux sur l’état de santé de la santé dans la grande île. Les faits présentés lors de la session de restitution des résultats qui s’est tenu hier sont intéressantes. À voir, à comprendre et à prendre en considération. Les atrocités que subissent les Malgaches tous les jours sont dignes d’un film d’horreur. Seulement, comme il n’y a que très peu d’études, beaucoup de supputations et de ouï-dire règnent.

D’abondantes situations inhumaines et des actes de corruption sont relatés dans le film présenté par l’équipe de «tsaboy ny gasy». Parmi elles, un phénomène particulier attire l’attention : les histoires autour de la médication. Dans tous les chefs-lieux de province, où se sont passés les enquêtes, la population a désigné comme première problématique la médication. Dans quantre chefs-lieux de province les personnes enquêtées pointent du doigt le fait que des médecins exigent l’achat d’une longue liste de médicaments pour un malade qui, visiblement, est mourant.

La majorité des lecteurs malgaches de ce texto savent de quoi il en retourne. La majorité a surement un cas «croustillant» de ces pratiques. Les gens sont dépassés par ces passepasses médicaux pour «dépouiller» (mot utilisé par l’un des interviewés dans le film) la famille du malade au maximum. Les témoignages étaient saignants : une mère de famille qui doit payer 50 000 Ariary pour avoir le droit d’allaiter son nourrisson aux soins intensifs ; des poches de sang achetés au noir à 85 000 ariary ; des accouchements à 70 000 ariary alors qu’ils sont normalement gratuits dans les centres de santé publique.

Très malheureusement, même si 84% de la population enquêtée conviennent que la corruption existe bel et bien dans le domaine de la santé, pas plus de 12% ont fait le pas de les dénoncer. La première raison de cette inaction est la peur. La peur de représailles venant du médecin en question ou via les autres médecins. Plus d’un dénoncent en effet, un corporatisme nocif au sein du corps soignant. Certains malades ainsi que leurs familles, malgré qu’ils soient des victimes, penseraient qu’il est déplacé de se plaindre de ces pratiques. Les médecins sont vus comme des intouchables.

Les gens donnent de l’argent pour décrocher un rendez-vous, un meilleur soin ; pour avoir un lit d’hôpital, pour que la chambre d’hôpital soit nettoyée, pour avoir un brancard pour le malade. Les familles déboursent pour avoir une ordonnance, être reçue aux urgences, pour être ausculté. La situation est catastrophique et les morts à cause de la corruption sont plus nombreux que les morts à cause des maladies. Des efforts sont faits et il est important de saluer ces initiatives pour que cessent les pratiques criminelles dans le domaine de la santé. Force est de constater que des membres du corps médical luttent pour assainir le monde médical à Madagascar. Pour l’heure, que la parole se libère et que les oreilles de tous les responsables à tous les niveaux puissent entendre.

Tsaboy ny Gasy, un des Velirano du président de la République, espérons que les actions tangibles arrivent le plus tôt possible pour ne pas être des médecins après la mort.

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