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Police nationale – Une secousse dans l’air

Une nouvelle tentative de révolution de palais couve au sein de la police nationale. Un ancien haut responsable dans la Sécurité publique serait aux manettes.

Bis repetita. Le placement en détention provisoire d’un élément de la Police de l’air et des frontières (PAF), lundi, aurait déclenché une nouvelle tentative de soubresaut au sein de la police nationale. La deuxième en près d’un mois.
Les hauts responsables du ministère de la Sécurité publique, dont le contrôleur général de police Roger Rafanomezantsoa, ministre, seraient les principales cibles de cette révolution de palais qui couve, confirment quelques sources auprès de la police nationale. « Ce qui est regrettable, c’est que c’est un haut gradé, un ancien haut responsable qui plus-est, qui pilote cette tentative de déstabilisation au sein de notre corps », déplore un responsable auprès du département de la sécurité publique.

« Une enquête est déjà ouverte sur ce sujet. L’enquête sur la précédente tentative de fomenter une mutinerie est d’autant plus, toujours en cours », renchérit un gradé en poste au ministère. Il s’agit en effet, de la seconde tentative de se soulever contre le commandement de la police nationale en près d’un mois. Au milieu du mois de septembre, une intention de distribuer des tracts incitant les éléments de la police à se « lever », pour s’opposer aux mesures dictées par les responsables auprès du ministère de la Sécurité publique, a été déjouée.

Intransigeance

Les individus qui orchestraient le scénario de septembre, en coulisse, auraient voulu profiter du mécontentement ambiant au sein de la police nationale suite à l’incarcération d’un inspecteur de police accusé d’exécution sommaire à Ampe­fi­loha, le 27 août, et la sanction contre trois policiers du service de délivrance des passeports. La nouvelle tentative de créer une secousse d’une forte magnitude au sein du ministère de la Sécurité publique est de nouveau concoctée dans une conjoncture de grogne au niveau de certains services, notamment, la PAF.

La police de l’air et des frontières est sous les radars des responsables étatiques à cause des dénonciations des abus et mauvais agissements de toute sorte de certains de ses éléments. Une situation qui a amené Andry Rajoelina, président de la République, himself, à y faire une descente pour procéder à un rappel à l’ordre. Dans ce contexte, les faits du dimanche 13 octobre, indiquent, pourtant, que les mauvaises habitudes ont la peau dure au sein de la PAF.

Deux éléments de la PAF ont été appréhendés pour flagrant délit de corruption. Présentés au parquet du Pôle anti-corruption (PAC), dès le lendemain, c’est-à-dire le lundi 14 octobre, l’un a été placé en détention préventive et l’autre ayant un statut de complice a bénéficié d’une mise en liberté provisoire. Les deux agents voulaient faire payer la somme de trente-cinq euros, à une dame en partance pour la Réunion et dont les papiers du fils n’auraient pas été en règle.

Face à cette nouvelle secousse qui couve, « l’intransigeance », reste le mot d’ordre auprès des hauts respon­sables du ministère de la Sécurité publique, approchés. Réitérant les mots rapportés dans un communiqué de presse en réaction à la précédente tentative de soubresaut, ils affirment, « nous sommes déterminés à mener jusqu’au bout la réforme, l’assainissement et la professionnalisation de la police nationale. Nous ne reculerons pas. Les enjeux sont de redorer l’image de la police pour reconquérir la confiance de la population. Nous ne tolérons aucune déviance ».