Editorial

Cas Général

Exemplaire. Un officier général qui présente ses excuses car ses hommes ont agressé des journalistes dont le photographe de L’Express en pleine échauffourée à Ambohitrimanjaka dans la soirée de mercredi, ça ne court pas les casernes. Le Général Richard Ravalomanana l’a fait en toute humilité dans un ton posé sans la moindre agressivité. Non seulement il a déploré le geste déplacé de ses hommes tout en promettant que cela ne se produira plus, mais aussi et surtout il a encouragé les journalistes à prendre en photo les abus commis par les gendarmes pour qu’il puisse agir. Il a promis que si l’incident se renouvelle, il en fera une affaire personnelle.
Voilà des propos qui ont surpris l’opinion. Il faut dire que le Général Ravalomanana ne joue pas les faux-semblants dans l’assainissement qu’il entreprend au sein de la gendarmerie. Les mauvaises herbes sont déracinées sans état d’âme. Les statistiques parlent d’elles-mêmes.

Depuis sa prise de fonction, une soixantaine de gendarmes a été jetée en prison pour écart de conduite. Le corporatisme et lui font deux. Bien sûr, on ne peut pas tout faire d’un seul coup de baguette magique, redresser en un jour une situation gangrenée depuis plusieurs décennies. Des abus par ci par là émaillent la vie de la gendarmerie à l’image du commandant de brigade d’Ampanihy qui a tiré trois balles sur le fils de notre correspondant à Toliara. Là aussi le Général Ravalomanana a immédiatement pris l’affaire en main. Une conduite martiale des affaires plutôt appréciée par l’opinion.

Sa promptitude, son honnêteté, sa fermeté, son intransigeance devraient faire école au sein du gouvernement. Les affaires devraient mieux marcher ainsi. Peut-être qu’il faut le cloner à l’énergie, à l’eau, au commerce, au transport pour régler le problème de délestage, de coupures d’eau, de hausse de prix, d’indiscipline des taxi-be… Moralité de l’histoire, il faut commencer par assainir les hommes avant d’assainir son milieu si l’on veut avoir des résultats palpables.

Le Général Ravalomanana a toujours été un cas particulier tant au niveau de sa carrière avec une ascension fulgurante que dans sa manière de faire alliant le pragmatisme à l’efficacité. Il vient de le prouver en désamorçant avec finesse et élégance un conflit latent et déplorable entre les journalistes et les forces de l’ordre. Il n’a pas cherché à se déculpabiliser ni à partager les responsabilités mais à tout pris sur lui sans aucun artifice comme un autre aurait fait. C’est juste admirable. Dommage qu’on ne peut pas donner dix étoiles à un Général.

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