ANTSIRANANA - Première manifestation scientifique ouverte à de nouvelles idées


Pendant trois jours, les 14, 15 et 16 septembre, des professeurs de l’Université, des maîtres de conférences et des doctorants ont animé les Journées scientifiques de la section régionale de l’Académie Malagasy, à Antsiranana. C’est une grande première dans les annales de la région septentrionale de la Grande ile. Les Journées scientifiques organisées à Antsiranana, du 14 au 16 septembre, ont été placées sous le thème « Regards croisés sur le Nord de Madagascar: histoire, économie, société et culture ». Elles ont rassemblé une trentaine de panélistes, issus de l’intelligentsia antsiranaise, qui ont présenté, toutes les quinze minutes chacun, les fruits de leurs recherches respectives. Cela s’est passé dans la grande salle de la commune urbaine d’Antsiranana, cette fois-ci transformée en amphithéâtre où tout le monde a pu entrer puisqu’il n’y a pas eu de franchise universitaire. Les exposants, même les plus jeunes en pleine croissance, ont pu participer aux Journées, et pas uniquement les grands chercheurs. Mention particulière pour nos deux confrères doctorants de l'Université Nord d’Antsiranana, historien et écrivain. Outre le côté technique, des sujets liés à l’histoire, à la littérature, à l’énergie, à la culture, à la tradition, à la légende, à la migration, à l’inculturation dans l’Église catholique, à l’impact de la colonisation, au sport, au développement économique ont été évoqués durant l’événement organisé par l’Académie malgache et sa section à Antsiranana, présidée par Athanase Tongavelo, grand initiateur de l’évènement. En marge de ces présentations successives- réparties en trois sous-thèmes à savoir « Histoire de la région Sava », « Développement économique de la partie Nord de Madagascar » et « Langue et parlers régionaux »-, des séances de discussion ont permis de débattre sur les résultats présentés en perspectives du développement de la région . Citons, entre autres, « Les rituels funéraires des anciens habitants Rasikajy de la région Vohémar », « Micromigration de travail pendant la période coloniale », « Bref mémoire sur le problème de la vanille au début des années 1990 », « Projet de zone économique spéciale d’Andrakaka » …. La grande salle de la mairie s’est ainsi transformée en une plateforme de spécialistes de différentes disciplines et d’assoiffés du savoir, ainsi que d’auditeurs libres. Les participants ont délivré des prestations inspirantes. Ils ont suscité une grande inspiration auprès des jeunes.

Des «proposeurs»

Les diplômés, souvent pointés du doigt et fortement critiqués par les calomniateurs d’être des théoriciens de salon, accusés d’initier des conférences sans effectuer des descentes sur le terrain, ont eu l’occasion de clarifier leur rôle en tant que « proposeurs » de solutions. D’après les explications, du temps d’Ali Cassam et Paul Jaoravoana ou Paul Congo, l’assemblée des lettres de la Diana était active sur tous les plans. Cependant, après le décès de ces derniers, une régression a été constatée. Le président de la section régionale préconise alors de redonner vie à la section d’Antsiranana, tout en passant le flambeau aux cadets qui se dévouent au service de l’institution. Il s’agit de Cerveau Kotoson, équipe locale organisatrice de ces Journées scientifiques, qui a remercié ses collaborateurs universitaires, car sans eux, ce grand évènement n’aurait pas vu le jour « Merci d’avoir confiance en moi et en nous tous, pour une première de cette envergure. L’avenir est en marche et il va vers le positif avec cette génération qu’est la nôtre. L’académicité commence dans les actes et la conviction, et la valeur n’attend ni le nombre des années, ni les validations séculaires des résultats de certains papiers. La dignité d’un événement intellectuel réside dans sa capacité à remplir une salle sans qu’aucun tam-tam n’ait été nécessaire », confie-t-il, en terminant son intervention.
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