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Editorial

Le thermomaître du pays

Beaucoup ont attendu la nouvelle. Elle a été annoncée par Mokthar Benlamine, représentant résident du Fonds monétaire international (FMI), mardi au carrefour d’Ambatonakanga, où trône un bureau annexe du ministère de l’Économie et des finances. Sans fioritures et dans un style direct, loin des longs palabres à la malgache, il a déclaré que le Conseil d’administration du FMI, a décidé de décaisser 31,9 millions de dollars pour Madagascar, au titre de la troisième tranche de la Facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant total de 312,4 millions de dollars, accordée le 12 février 2021, pour une durée de quarante mois, à débloquer par sept tranches.

Des éclaireurs du FMI vont aussitôt débarquer, lundi, pour un séjour de dix jours afin de débroussailler le terrain de la mission de la troisième revue du programme. Ce qui va encadrer, il faut le dire, les contours du projet de loi de finances initiale pour 2023. La déclaration officielle du FMI a déjà indiqué que, pour cette année, censée être celle de la relance économique, le taux de croissance en termes réels du Produit intérieur brut (PIB) serait de 4,3%, soit de 0,1 point supérieur que celui de 2021. Après la contraction de 7,1% en 2020, suite à la propagation du coronavirus à travers le monde.

Cette faveur du FMI, assortie, comme il est de coutume, de recommandations pour échafauder l’ossature d’une croissance économique soutenue et inclusive, la seule voie pour venir à bout la paupérisation grandissante de la population, a deux vertus thérapeutiques. Une assurance pour les autres bailleurs de fonds sur la crédibilité du programme gouvernemental, en dépit de nombreuses défaillances, et une espèce de garantie envoyée aux investisseurs potentiels désireux de tâter et de tenter l’expérience endémique de Madagascar. Avec ses avantages indéniables et ses inconvénients tout aussi évidents.

Laissons de côté les débats interminables, entre initiés, sur la capacité d’absorption de Madagascar. Qui finalement ne récolte que des miettes, par rapport aux jackpots obtenus par des pays africains : treize milliards de dollars pour l’Égypte et trois milliards pour le Ghana. Avec le contexte international, fait de doutes et d’incertitudes, mieux vaut cependant se trouver sous le parapluie du FMI qu’être exposé aux caprices des changements climatiques. Malgré lui et pour sa première prestation publique, en dehors des visites de courtoisie auprès des autorités malgaches, emplies et enrobées de politesse diplomatique, placées sous le sceau de l’obligation de réserve, Mokthar Benlamine devient le …thermomaître du pays.

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