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Editorial

Tananarchie terminus

Le chien aboie, l’anarchie trépasse. Il était temps. Cela fait longtemps qu’on attendait un maire aux mains d’acier, au cœur en granit, pour remettre la capitale dans le sens de la marche, un dictateur disciplinaire voire un shérif pour mettre fin à cette gabegie étouffante.

La commune urbaine d’Antananarivo a décidé de mettre à jour le Code municipal d’hygiène qui dormait dans les tiroirs depuis juillet 2013. Des mesures drastiques assorties de lourdes sanctions pour les contrevenants. Le CMH est tout simplement un code de conduite ou plutôt des balises contre tous les actes interdits devenus règles de vie dans une ville qui a perdu tous ses repères, où tout le monde est devenu complice des conduites et des comportements que l’on sait pourtant inappropriés aux exigences d’une vie urbaine. Plus loin dans le passé, le code existait sous la première République où le « mpiadidy » était chargé de verbaliser ceux qui n’ont pas de latrine ou ceux qui oubliaient de passer un coup de balai dans leur cour.

Les péripéties de l’histoire ont fait que les bonnes règles héritées de la période néocoloniale ont été charriées par la vague de populisme et la dictature du prolétariat des années socialistes et leur paradis que l’on promettait. Un changement démographique a accompagné l’exode rural irréversible. Ainsi aujourd’hui la capitale est peuplée en majorité de campagnards anoblis qui ont gardé avec eux, bétail, basse cour, porcherie et écurie.

Dans les bacs à ordures de la ville, on retrouve parfois des zébus concurrencer des indigents à la recherche de quelques restes d’aliments jetés par ceux qui mangent à leur faim. Image surréaliste d’une capitale abandonnée par toutes les normes, larguée par toutes les règles, isolée dans sa descente aux enfers. La ville s’étouffe avec de plus en plus d’habitants, de plus en plus de voitures, de plus en plus de désœuvrés, de plus en plus de brigands, de plus en plus de constructions illicites, de plus en plus de saleté, de moins en moins d’espaces verts, de moins en moins de disciplines, de moins en moins de parkings… Il fallait prendre le taureau par les cornes et tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Attendre encore pour remettre à plus tard l’application de ce code aurait été criminel pour une ville promise à l’agonie. Reste à espérer une nette amélioration de l’environnement et de l’hygiène de vie avec l’application de ce code. En attendant il va falloir trouver de nouveaux mpiadidy pour contrôler tous les chiens mal élevés et verbaliser les contrevenants. Le maire à boire en quelque sorte.

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