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Antalaha – Rajoelina vole au secours de la vanille

Le  président  de  la  République  durant la rencontre avec les opérateurs  de  la  vanille, hier à Antalaha.

Garder le statut de numéro un mondial sur le marché de la vanille. Tel est l’objectif affirmé par le président de la République, hier, à Antalaha.

Une opération de « sauvetage ». C’est ce que Andry Rajoelina, président de la République, a lancé, hier, à Antalaha. La mission ici, consiste à « redresser et défendre », le secteur de la vanille. Le but à atteindre est simple, « garder la place de numéro un mondial», en matière de volume d’exportation et de qualité de l’or noir.

Comme attendu, l’accent a été mis sur la reprise en main du secteur de la vanille durant le déplacement présidentiel à Antalaha, hier. Andry Rajoelina l’a affirmé, l’or noir est un des points névralgiques de l’économie malgache. Il est « la principale source de devise du pays », concède le Président. Si ce secteur éternue, c’est le cours de la monnaie nationale, l’ariary qui est grippé.

« A partir de maintenant, l’Etat va suivre de près ce secteur », annonce alors le locataire d’Iavoloha. Un mar­qua­ge à la culotte qui concerne, notamment, le maintien de la qualité. A entendre ce qui a été dit durant les échanges avec les acteurs de l’exploitation de l’or noir, hier, la Grande île compte miser sur la qualité de sa vanille afin d’éviter de se faire ravir sa couronne mondiale par ses concurrents. « La qualité est un impératif », souligne le Président.

Il y a de plus en plus de concurrences sur le marché mondial de la vanille. Il y a, également, l’essence de vanille artificielle, plus abordable, qui joue les trouble-fête. Maintenir cette qualité qui permet à l’or noir de Mada­gascar d’écraser la concurrence est, justement, une des raisons de l’édification de la maison de la vanille. Un laboratoire y sera installé. Chaque lot de vanille destiné à l’exportation y sera soumis à un contrôle qualité.

Réorganiser le secteur

La maison de la vanille accueillera, également, le conseil national de la vanille, et un guichet unique, entre autres. L’élaboration d’une stratégie pour reprendre en main chaque maillon de la chaîne de production a été affirmée, hier. Il s’agit aussi, d’assurer une traçabilité des exportations et d’optimiser le rapatriement des revenus de l’or noir. Face aux opérateurs à Antalaha, le Président a soutenu que « seulement 35% », des devises issues de l’exportation de la vanille reviennent au pays. « Nous allons réorganiser ce secteur », assure-t-il.

Une augmentation nécessaire du volume de production a également été évoquée. Pour cela, la mise en place d’un système facilitant l’acquisition de terre pour les cultivateurs est envisagée. Redresser la filière vanille passe également par le volet sécuritaire. Une problématique largement soulevée par les opérateurs, hier. La région SAVA, mais aussi, les autres localités productrices de vanille sont fréquemment le théâtre de scènes macabres causées par les voleurs de vanille verte et le commerce illicite de la vanille préparée.

Outre le rôle de l’État, la sécurité sur terrain nécessite une prise de responsabilité de tous les acteurs, soutient Andry Rajoelina. « S’il y a des vols, c’est qu’il y a des repreneurs. Osez dénoncer, osez dire qui ou quels sont les obstacles », lance-t-il. Le Président affirme-même que de la vanille verte de Mada­gascar serait « exportée illicitement aux Comores puis, labellisée au nom de ce pays, une fois traitée ».

Redresser le secteur de l’or noir implique aussi avoir son mot à dire sur le marché international. La crise sanitaire mondiale causée par le coronavirus a asséné un coup d’estoc sur le prix de la vanille. Pour relancer le secteur durant cette saison 2020-2021, l’Etat a fixé un prix plancher de 250$. Ce prix fait grincer les dents des opérateurs. Le président de la République confie, pourtant, que des repreneurs internationaux, notamment, aux Etats-Unis tenteraient encore de le faire baisser un peu plus. Certes, comme tout produit, la vanille est soumise à la loi de l’offre et de la demande. Seulement, pour ne pas subir la dictature des spéculateurs, l’Etat compte trouver une manière de rehausser et de stabiliser « durablement » le prix de la vanille de Madagascar. Selon le président de la République, l’Etat compte aider les opérateurs pour démarcher de nouveaux débouchés. « Nous devons avoir une stratégie vis-à-vis du marché international. Nous n’allons pas nous laisser faire. Nous allons défendre le secteur de la vanille », déclare-t-il.

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