Editorial

Futilité

À peine les candidatures pour la course à la mairie d’Antananarivo révélées que commence déjà la campagne. Eh oui, une campagne de dénigrement réciproque enflamme la toile depuis quelques jours. Des débats d’une bassesse innommable qui n’ont rien à voir sur le devenir de la capitale. On raille sur l’origine, l’âge, la carrière de l’un. On joue sur le sarcasme sur le comportement, l’expérience, et le parcours de l’autre. Une fois de plus on est loin du débat d‘idée et de projets censé devoir animer une campagne électorale. On s’empresse à défendre bêtement le choix d’un candidat sans se soucier des vrais problèmes dont souffre la capitale. À l’allure où vont les choses, on peut déjà avoir une idée sur les tendances du vote. C’est dommage qu’on perde du temps à parler à longueur de journée de futilité sur les réseaux sociaux, à défendre à ce qui apparaît aux yeux de tous comme une défaillance dans la gestion de la ville et à chercher des arguments dans l’arbre généalogique pour justifier un argument fallacieux.

Antananarivo est devenue un immense melting-pot où vivent toutes les ethnies, toutes les couches sociales, tous les secteurs d’activité, tous les bons comme tous les truands. On arrive à une époque où la fonction de maire peut-être accessible à tous ceux qui vivent dans la ville, paient des impôts dans cette ville, apportent leur contribution dans le développement de cette ville, indépendamment de leurs origines, de leur ethnie, de leur nationalité. Cela doit être pareil dans les autres villes du pays. Le vote ethnique n’a rien apporté au delà du fanatisme, n’a pas enrichi les débats. C’est possible et ce n’est point un scandale à l’image de l’élection d’originaires de Tana à la mairie de Mahajanga, jadis comme naguère. Pourquoi la mairie de Tana doit-elle la chasse gardée des Merina et des Tananariviens de pure souche alors que sur les trois millions d’habitants qu’elle abrite, la moitié sont des migrants. Dans le passé, Antananarivo avait élu parmi ses députés un pur-sang Antandroy.

À Londres le maire de la capitale britannique est un pur-sang indien comme son nom l’indique, Sadiq Khan et cela ne dérange personne sauf Donald Trump qui le qualifie de looser absolu.

Les débats devraient être ainsi replacés pour sauver Antananarivo du désastre dans lequel elle se vautre depuis une décennie. Il faut une réflexion approfondie et des projets en béton pour redonner vie à une capitale moribonde, vestige de toutes les batailles successives entre majorité et opposition. Il faut mettre un terme à cette rivalité létale qui creuse d’un mandat à l’autre, la tombe qui attend la capitale dans sa descente aux enfers que toutes les prières n’ont pu empêcher.

1 commentaire

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  • Je préferre de loin un candidat qui n’est pas d’origine merina mais qui oeuvre pour l’avancement d’Antananarivo qu’un candidat merina laxiste. Ca devrait être un sacro-saint pour toutes les élections.