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Editorial

Trans pire en commun

Les chauffeurs de taxibrousse reviennent sur l es bancs. C’est la dernière idée débusquée par les responsables pour mettre un terme à la série des accidents. Il faut dire d’emblée qu’elle n’a rien de génial étant donné que ces assassins en puissance sont censés avoir fait leurs gammes dans une auto-école. Du moins en théorie car avec la corruption les faux permis et les faux diplômes et les faux billets d’ailleurs, sont monnaie courante. Quand on voit que 60% des voitures circulent à gauche dans une voie rapide, on en conclut que soit l’auto-école utilise un vieux manuel des années trente où les rues étaient à une seule voie, soit le permis n’est pas biométrique.

On ne demande qu’à se tromper mais il y a fort à parier que cette initiative ne changera pas grand chose. L’assiduité des “étudiants” au cours est déjà hypothétique. S’ils ont aimé les études, ils n’auraient pas fini par un emploi où le diplôme peut être obtenu par un illettré, un non-voyant, un manchot.

On ignore d’ailleurs le module qu’on va leur apprendre pendant ces cours pour limiter les accidents. S’il existait une manière de réduire les accidents, les moniteurs l’auraient certainement appris aux candidats pour un examen de conduite. Ou ils auraient posé en question piège lors de l’examen de code.

La mairie d’Antananarivo avait procédé de la même manière en donnant des cours aux taxibe et leurs aides chauffeurs tous les soirs à Ankatso en 2010. On voit aujourd’hui où en sont-ils douze ans après.

Qu’on le veuille ou non, la meilleure manière pour obtenir un changement reste la sanction, la répression. Il n’y a pas de dialogue à établir avec des hors-la-loi. C’est du temps perdu.

Avec des voitures de plus en plus puissantes, des rues dont l’état se détériore d’un jour à l’autre, des conducteurs dont le sens de la responsabilité frôle le néant, chaque voyage risque toujours d’être dernier pour les passagers, un calvaire dont on ne sait jamais si on va en survivre, un supplice permanent au bout duquel on peut perdre autant de poids qu’à l’issue de vingt-quatre heures dans un sauna.

Le meilleur moyen pour limiter les accidents c’est d’abord de revoir les critères d’obtention d’un permis de conduire en particulier pour le transport en commun. Ailleurs pour décrocher son premier permis, cela ne se passe pas comme une lettre à la poste. Beaucoup de conducteurs de taxibrousse sont inexpérimentés et dont le seul objectif est d’établir un record sur un trajet donné. Il ne faut pas s’étonner si tous les jours et sur toutes les routes, les accidents prolifèrent.

Il faut dire également que la délivrance de permis de conduire n’est plus contrôlée. On se demande où est-ce qu’un conducteur de Djafaro a eu son permis dans la mesure où dans cette localité, il n’y a ni auto école ni examinateur qui doit être un ingénieur des travaux publics. C’est tout le système en amont qu’il faut revoir et non pas seulement le bout de la chaîne. Sinon dans vingt ans on n’aura pas avancé d‘un pas. Au contraire on aura reculé comme c’est le cas dans plusieurs domaines. Le pire reste à venir.

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