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Editorial

Épreuves de farces

Question à un ariary. Faut-il maintenir ou non les dates des examens officiels? Le plus proche sera le CEPE programmé dans quinze jours. Les avis sont partagés sur l’opportunité d’organiser ce premier vrai test pour les écoliers du primaire. Les uns persistent à dire qu’il s’agit d’un passage obligé, presque un rite pour leurs enfants. La première étape d’une longue série.

Le suspendre serait une erreur monumentale. Une perte de temps pour les potaches, de l’argent jeté à la fenêtre pour les parents. Ils ont beaucoup investi au profit des droits d’inscription, des frais de scolarité, de l’achat des fournitures scolaires, avec leurs figures imposées. Des marques internationales recommandées pour tel ou tel article.

Sans compter les multiples participations financières au fil de l’année scolaire. Les activités parascolaires, souvent obligatoires et payantes, les goûters collectifs, la célébration de la fête du mardi gras et ses coûteux déguisements, par exemple, percutent et déséquilibrent le budget familial. Des sacrifices pour du beurre au cas où…

Les autres, par contre, affirment et soutiennent que toutes les conditions requises sont loin d’être réunies pour franchir le Rubicon. Ceux-là insistent d’abord que personne ne peut décréter la fin de la propagation du coronavirus parmi la population. Ils estiment que la taille des échantillons des tests réalisés, par rapport au nombre des contaminateurs potentiels, a été assez réduite pour pouvoir déduire des conclusions fiables et définitives sur l’évolution de la Covid-19 à Madagascar.

Aussi, le spectre du mal continuerai-t-il de planer au-dessus du toit de chaque foyer. Dans ce contexte de doute, d’incertitude et d’épouvante ambiante, il serait, pour eux, dangereux sinon suicidaire d’envoyer « au front » des gamins et des gamines aux lendemains de la levée partielle ou totale du confinement. D’autant que certains vivent encore dans la hantise d’un traumatisme psychologique. Pour avoir perdu un ou des proches. Emportés par les coups de grâce de la Covid-19.

Ensuite, ces craintifs, à raison du reste, souhaitent qu’un retour à l’école au préalable des candidats aurait été utile. Car, expliquent-ils, ils ont eu le temps, par des vacances prolongées passées chez eux, d’oublier le peu qu’ils ont appris. Aux deux premiers trimestres avant que la crise sanitaire ne vienne tout chambouler. Réviser à la maison n’était pas une évidence par cette obsession dévorante de passer un peu de temps avec les copains aux jeux vidéos. Du moins, pour ceux qui ont les moyens financiers de se divertir ainsi.

Un syndicat d’éducateurs a formulé la même proposition. Son président, une figure bien connue pour être le chef d’orchestre des grèves et des contestations du Corps enseignant, souligne que le diplôme acquis dans ces circonstances contraires aux notions élémentaires de pédagogie, perdrait de sa valeur. Le niveau de connaissance des élèves devrait être le premier souci avant le respect de l’échéance préétablie, préconise-t-il.

Peut-être aussi que l’absence d’un ou d’une ministre de tutelle à part entière pour l’Éducation nationale, génère ces remous. Sans compter la revendication des employés de la Cnapmad. Le paiement dans l’immédiat de six mois de leurs salaires. Ils ont la capacité de bloquer la machine des préparatifs autour du CEPE. Une menace à fort… coefficient.

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