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39e sommet de la SADC : Madagascar veut des retombées concrètes

Pour son premier discours à la tribune de la SADC, le Président de la République a choisi la fermeté. Il réclame des bénéfices concrets à l’adhésion à cette organisation régionale.

Marquer les esprits. Tel a été l’objectif de Andry Rajoelina, samedi, pour sa première participation à un sommet de la Communauté de développement des Etats d’Afrique austral (SADC). D’entrée de jeu, le locataire d’Iavoloha a soulevé la question épineuse sur l’intérêt de faire partie de cette organisation régionale.

« Nous avons de grandes attentes envers la SADC. Qu’elle ne soit pas une institution de plus où l’on adhère et où l’on se réunit, mais qu’elle soit une réelle valeur ajoutée aux économies des pays membres. (…) Qu’elle soit réellement un instrument efficace et efficient pour faire émerger l’Afrique », a déclaré le Chef de l’Etat.

Andry Rajoelina, en somme, réclame des retombées palpables quant au fait d’être membre de cette organisation. Une posture que Naina Andriatsitohaina, ministre des Affaires étrangères, a esquissée sur son compte Twitter, samedi. « Il nous faut une réflexion dépassionnée sur notre engagement, sur ce que ça nous apporte économiquement et politiquement», a-t-il tweeté.

Dans la Grande île, la SADC a surtout été présente sur la scène politique, notamment, en tant que médiateur de crise.

Revanche

Un des principaux protagonistes de la crise de 2009, et ayant dirigé la Transition, les relations entre Andry Rajoelina et l’organisation régionale, ont été souvent houleuses. Un temps, la SADC a été accusé de privilégier Marc Ravalomanana, son adversaire politique. « Après le ni…ni imposé par la communauté international, par le truchement de la SADC, à la présidentielle de 2013, sa présence en Tanzanie, est un peu une revanche sur l’histoire », confie une source à la présidence de la République.

A Dar es Salam, le locataire d’Iavoloha a déclaré, d’entrée, « il nous importe, aujourd’hui, de consolider des relations qui ont pu être mises-à-mal au gré des circonstances et des événements, se heurtant aux incompréhensions au cours de la période de Transition à Madagascar. Vous n’êtes pas sans savoir que Madagascar vient de vivre des élections présidentielles marquantes qui ont constitué un tournant décisif dans l’histoire du pays ».

Mais le 39e sommet de la SADC a surtout été économique. « Environnement commercial propice au développement industriel inclusif et durable, à l’accroissement du commerce intra-régional et à la création d’emplois », a été le thème des discussions durant le weekend. Un sujet sur lequel le locataire d’Iavoloha a surfé pour souligner que Madagascar compte s’engager dans un virage économique qu’est l’industrialisation.

« Avec la diversification de la productivité et le renforcement de la compétitivité, nous avons pour ambition d’augmenter le volume de nos exportations de biens manufacturés afin de pénétrer de manière substantielle le marché africain », a-t-il lancé. Puis il a ajouté : « nous voulons et allons accomplir tout ceci avec le concours de la SADC, comme partenaire stratégique à notre croissance».