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Editorial

Sévices publics

Quand un domaine relevant du service public est confié à des opérateurs privés, il en résulte des sévices publics. C’est exactement le cas du transport public effectué par le privé mais contrôlé par l’Ètat. D’où les innombrables anomalies, qualité de service lamentable, conduites cavalières, insolences récurrentes, violations du cahier de charges… Des complaintes au quotidien rapportées par les usagers mais qui ne servent à aucune amélioration.

Le transport public est tombé de facto entre les mains du privé après l’échec de plusieurs tentatives dans les années 80. Après la mort de Fibata et ses grands bus hongrois, vient Fima avec les mêmes engins avant d’être liquidé pour mauvaise gestion. Antafita reprend le relais avec des bus roumains et japonais mais n’a pas non plus duré. Devant le vide les papango sont venus s’engouffrer. La voie tracée par le transport informel a été repris par les Buxi, ancêtres des taxibe. Depuis ils se sont érigés en coopératives et font la pluie et le beau temps.

Le service public a définitivement perdu sa vocation de servir d’abord les usagers avant de penser profit. C’est l’inverse que l’on constate et c’est là où le bât blesse. Quelles que soient les reproches que l’on peut faire aux taxi-bêtes, la majoration du prix du ticket relève tout simplement d’un calcul de rentabilité par rapport au coût d’exploitation.

C’est juste élémentaire. C’est un commerce basique de la même nature que l’on n’a pas pu dissuader les pétroliers de procéder à une hausse, faute de quoi ils périclitent. Il devait donc y avoir une égalité de traitement et de considération sinon la tension sociale ira crescendo. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que les taxibe vont débrayer à partir d’aujourd’hui. Ils en ont vu pire pendant le confinement qu’un bras de fer avec les autorités ne devrait pas les effrayer. Ils peuvent ainsi éviter aisément la mise en fourrière ou les autres sanctions.

On est en train de monter les usagers contre les transporteurs faute de solution en attendant le téléphérique dont l’avantage est de ne pas subir la hausse du prix du carburant. Reste à savoir si on peut également baisser le prix d’un trajet dans l’intérêt des usagers.

Le transport doit rester public comme l’éducation ou la santé. La cohabitation n’est pas interdite mais partout ailleurs le transport est d’abord public. C’est l’effort qu’il faut faire pour éviter ce genre d’amalgame qui risque de tout embraser dans un contexte où tout le monde est sur les nerfs. Eh oui, c’est à la fois la guerre des nerfs et le nerf de la guerre.

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