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Filière maraîchère – Miser sur la transformation pour limiter le gaspillage

Les  légumes  sont  vendus  au  jour  le  jour  au  marché.

Madagascar est un grand producteur de légumes. Tout est produit et consommé frais sur place. Des unités de transformation et de conservation sont les bienvenues pour éviter de les jeter.

La production de légumes de Madagascar parvient à satisfaire les besoins des principaux centres urbains du pays d’une manière générale. Mais les façons d’agir doivent évoluer afin de limiter les pertes et les gaspillages, et pour pouvoir envisager plus tard une augmentation de l’exportation.

Quelques sociétés qui se comptent sur les doigts d’une seule main procèdent à l’exportation de légumes de Madagascar. ces exportations s’effectuent en conserverie ou à travers un choix minutieux de produits frais. La filière maraichère n’évolue cependant pas suffisamment assez vite pour qu’un changement soit perceptible en termes de niveau de vie ou de système de production chez les paysans.

Les régions centrales du pays sont parmi les principaux producteurs de légumes. certaines localités du pays en dépendent même.

Une étude concernant la filière, réalisée sur l’initiative de Fert, en partenariat avec la fédération d’organisations paysannes Fifata et l’association ceffel, spécialisée en fruits et légumes, il y a quelques années, a soutenu que « les initiatives de soutien à la filière sont caractérisées par des interventions ponctuelles (de type « projet »), peu coordonnées et ne permettant pas une vraie pérennité et une diffusion significative des expériences réussies ». Il a été spécifié également que « plusieurs acteurs se démarquent néanmoins par leur continuité dans le développement de la filière: Fifamanor, Fert/Ceffel, le CTHA3… Mais certains sont confrontés à de sérieux problèmes de financement de leurs actions dans la durée ».

Un intérêt croissant

C’est dire que les acteurs de la filière ne son t pas suffisamment appuyés. certaines sociétés exportatrices se voient cependant contraintes de mettre en place un système d’encadrement rigoureux pour pouvoir s’assurer de la qualité des produits.

L’étude susmentionnée a cependant reconnu que « la filière légumes intéresse de plus en plus d’intervenants à Mada­gascar comme en témoigne le nombre croissant de projets de soutien à la production ».

Les auteurs de cette étude réalisée dans quatre régions centrales de la Grande Île spécifient aussi que « certains intervenants ont développé des approches intéressantes, aussi bien en termes de maîtrise technique (exemple: production de semences de pomme de terre par Fifamanor, formation et expérimentation pour le Ceffel…), que d’appui organisationnel aux producteurs ».

Les exportations sont pour le moment limitées. Mais le marché local existe. Les Malgaches consomment des légumes assez régulièrement. Selon les résultats d’un sondage de Stileex, 45% des Malgaches ont déclaré acheter des légumes tous les jours si 49% ont affirmé en acheter deux ou trois fois par semaine. En outre, 6% n’en achètent qu’une fois par semaine. Pour 85% des consommateurs, la « fraîcheur » constitue le premier critère pour le choix des légumes achetés, si 53% s’en tiennent à l’aspect du produit. 15% des acheteurs accordent une importance particulière au prix pour se fixer.

Aliment du pauvre?

Toutefois, l’étude sur la filière mentionne que, « les producteurs et les consommateurs sont très peu informés et sensibilisés sur les bienfaits des légumes sur la santé. Les légumes véhiculent une image d’«aliment du pauvre » (à l’inverse de la viande). Leur consommation est bien inférieure aux apports recommandés pour la population malgache, entraînant d’importantes carences en vitamines et micronutriments auprès de la population ».

Depuis le début de la crise de covid-19, certains foyers ont néanmoins pris l’habitude de diversifier davantage leur alimentation en accordant un peu plus d’importance aux fruits et légumes. ce qui a contribué au maintien de la consommation locale malgré un contexte de crise et nonobstant la pression du confinement.

Les collecteurs mettent cependant l’accent sur les difficultés de conservation et de transformation des produits. ce qui débouche souvent sur une forme de gaspillage puisqu’une partie des récoltes est abimée et généralement irrécupérable au bout de quelques temps.

Certains produits agricoles pourrissent ainsi au niveau de certaines régions alors que d’autres connaissent une pénurie d’aliment criante, comme le Sud profond. À no ter que dans le monde entier, 30% des produits alimentaires sont « gaspillés » tous les ans. Environ 44% de ces produits sont constitués par les fruits et légumes selon la FAO. Le phénomène de pertes et de gaspillages alimentaires existe dans la Grande Île même si la proportion n’a pas fait l’objet d’une étude particulière. Pour limiter les dégâts, et afin de garantir un meilleur développement du secteur, l’accent doit être mis sur les possibilités de transformation et de conservation. Un passage obligé aussi en vue d’une hausse à venir des exportations.

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