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Editorial

Bourse et bourde

Et rebelote. Trois mois après la descente à Toliara d’une lourde délégation de la présidence pour régler une bonne fois pour toutes le problème des bourses après une manifestation des étudiants, voila de nouveau l’histoire qui revient. La délégation avait pour mission de réaliser une opération de digitalisation de la population universitaire afin de doter les étudiants d’une carte biométrique Visa qui sera également une carte de paiement des bourses et une carte multiservice. Seuls les étudiants qualifiés à l’issue d’un recensement peuvent bénéficier de cette carte de manière gratuite et dont la validité est de cinq ans.

La délégation a pu rendre le calme au campus de Maninday alors que la manifestation avait failli dégénérer en pillage à travers la ville. Des pilleurs invétérés se noyent parmi les étudiants pour profiter de la manifestation. On avait dit que l’opération de digitalisation avait été terminée mais on ignore si les cartes étaient distribuées aux étudiants. Si c’était le cas, les étudiants auraient déjà perçu leurs bourses qui sont directement virées dans leurs cartes. La digitalisation a justement pour objectif de supprimer le long circuit de la bourse avant d’atteindre les étudiants, d’éviter les éventuels détournements de deniers publics par des fonctionnaires véreux.

Les étudiants de Maninday affirment qu’ils n’ont pas perçu leurs bourses des mois de mars, avril, mai. Le ministère de l’enseignement supérieur soutient que la somme correspondante à ces mois a été déjà envoyée à l’université dont le président nie avoir reçu une quelconque somme. Cette situation rappelle celle du campus de Barikadimy à Toamasina théâtre d’affrontements meurtriers entre les étudiants et les forces de l’ordre il y a quelques mois.

Les faits sont donc là. Il y a une défaillance au niveau du règlement des bourses qu’on le veuille ou non. On ne peut pas en vouloir aux étudiants de réclamer leur dû par les temps qui courent. Comment peuvent-ils vivre sans bourses pendant six mois en cette période de crise. en revanche les violences sont inadmissibles de même que les destructions de biens communs à l’image des logements de professeurs même si personne n’a eu gain de cause avec des manifestations sans violence.

Mais quand les bornes sont dépassées, quand les manifestations dévient de leur objectif initial et deviennent du militantisme, c’est que la politique a pu s’infiltrer dans le mouvement. Les revendications prennent alors l’allure d’une déstabilisation puisqu’on en veut aux dirigeants du pays et non plus aux responsables universitaires.

Dans tous les cas, ces soubresauts dans toutes les universités n’auraient pas eu lieu si les bourses étaient payées régulièrement. Les allocations boursières coûtent une bagatelle à l’État mais on se demande pourquoi il y a toujours des problèmes pour les étudiants, les enseignants chercheurs, les paramédicaux, les greffiers, les agents pénitenciers… alors que pour autres choses, l’État ne lésine pas sur les moyens.

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