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Betsinjaka Toliara – Les habitants brûlent un présumé voleur d’yeux

La  foule  furieuse  a  préféré  mettre  le  feu  sur  l'individu accusé  d'avoir  tué  un  petit  enfant.

Un individu soupçonné d’avoir tué un enfant pour lui voler ses yeux a été tué et brûlé par des fokonolona à Betsinjaka Toliara. Aucune arrestation pour l’heure.

Une scène ahurissante. Un individu d’une trentaine d’années a été accusé d’avoir tué un enfant en bas âge pour lui prendre ses yeux. La victime gardait des chèvres avec un autre enfant dans le fokontany d’Ankiasy, commune rurale de Betsin­jaka. Une commune située non loin de l’aéroport de Toliara. L’autre enfant a réussi à s’échapper pour aller raconter à sa mère et ses autres parents qu’un homme avait tué son ami « comme un poulet » et a pris ses yeux. De suite, les fokonolona sont allés à l’endroit indiqué par l’enfant. Et l’homme «tueur» était encore présent sur les lieux, les mains pleines de sang et les vêtements portant diverses traces de sang. Selon les fokonolona, il aurait avoué avoir tué l’enfant. « On m’a alerté et je suis venu avec quelques fokonolona à Ankiasy. J’ai mis le présumé tueur à bord de ma voiture pour l’emmener aux forces de l’ordre. Entre temps, les gendarmes sont venus car je les ai avertis avant de venir à l’endroit indiqué. Mais, la foule en furie a demandé à ce que le voleur d’yeux sorte sinon, elle mettrait le feu à ma voiture » explique Ferdinand Rakoto Arson, maire de la commune rurale de Betsinjaka. Les habitants étaient munis de fusils, de bois rond, de sagaies et de haches. à peine l’individu sorti de la voiture, un homme l’a frappé à la tête avec une hache.

Incapacité

Un deuxième, puis un troisième coup, il est tombé et est mort quelques secondes après. Dans une vidéo amateur prise sur les lieux, on voit que les fokonolona ont acclamé la scène de tuerie et ont mis le feu sur le corps de l’individu, au nez et à la barbe des forces de l’ordre qui n’ont pu rien faire. « Ils ne pouvaient riposter même s’ils étaient huit ou dix car les fokonolona les ont quelque peu mis à l’écart. Se sentant menacés, craignant pour leur vie, ils n’ont pas pu intervenir » défend le maire. La question des droits de l’homme revient en boucle sur les réseaux sociaux depuis cette affaire, dimanche. «Les fokonolona font justice eux-mêmes car ne font plus confiance aux forces de l’ordre et au tribunal. C’est normal s’ils ont pris la décision de tuer le tueur d’enfants» lit-on. D’un autre côté, les commentaires pour faire valoir les droits de l’homme répliquent. Pour certains, il appartient à la justice de prononcer les sentences et non aux hommes. «C’est malheureux qu’il ait tué un enfant mais le fait de l’avoir tué par la suite est aussi malheureux» disent les autres. Jusqu’ici, les gendarmes soulignent qu’aucune arrestation n’a encore été effective, alors que les visages des fokonolona ayant tué et mis le feu sur l’individu sont apparents et identifiables sur les vidéos. Pour non assistance à personne en danger également, beaucoup peuvent être inquiétés. La section de Recherches de la gendarmerie s’occupe de l’affaire.

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