L’unité nationale consacrée par le retour des exilés


9 avril 1960: la délégation malgache conduite par le président de la République, Philibert Tsiranana, rapporte au pays l’indépendance qui est solennellement annoncée au Parlement, le 12 avril. Le président de l’Assemblée nationale, Jules Ravony, reprenant le thème cher au chef de l’État, « demande aux Français leur collaboration pleine et entière ». Désormais pour les Malgaches, le premier président de la République est le Père de l’Indépendance- Rain’ny Fahaleovantena, soulignent les auteurs de l’ouvrage d’Histoire de Madagascar » de 1967. C’est le 26 juin 1960 que l’Indépendance est proclamée solennellement. Au Palais d’Andafiavaratra, Jean Foyer, chef de la délégation française, affirme que la République française est prête à mettre en vigueur les accords du 2 avril. Après la réponse du chef de l’État malgache, l’échange des instruments de notification a lieu. À Mahamasina, devant une foule considérable, debout sur la Vatomasina, le président Philibert Tsiranana proclame l’Indépendance : « (…) Nous entendons vivre dans la paix de notre intégrité nationale et territoriale, sans visées expansionnistes, sans ambitions impérialistes, mais dans la dignité et le courage qui caractérisent les hommes libres. » Le 27 juin, les accords francomalgaches, paraphés le 2 avril précédent, sont signés au Palais d’Andafiavaratra. C’est le 20 juillet 1960 que le Dr Joseph Raseta, le Dr Joseph Ravoahangy-Andrianavalona et Jacques Rabemananjara, ramenés par le président Philibert Tsiranana, débarquent à l’aéroport international d’Arivonimamo où ils sont accueillis par une foule nombreuse et enthousiaste. À Antananarivo, « l’accueil est extraordinaire. La présence des proscrits auprès du ‘Rain’ny Fahaleovantena’ consacre réellement l’Unité nationale. Treize ans de sacrifices, d’efforts patients, depuis 1947, soutenus par une foi et une volonté communes, aboutissent à ce jour. » La première fête de l’Indépendance n’est célébrée qu’un mois plus tard. Durant trois jours, du 29 au 31 juillet, elles se déroulent devant les représentants de 72 nations et de l’envoyé de l’Organisation des Nations unies, ONU. La stèle de la Place de l’Indépendance à Antaninarenina est inaugurée le 30 juillet. Dans tout le pays, la joie est immense. Jusque dans le plus petit village, « accroché à son mât rustique, le drapeau tricolore malgache atteste la volonté commune qui constitue l’âme d’une nation ». Auparavant, le 4 septembre ont lieu les élections législatives Elles conduisent à l’Assemblée nationale, une forte majorité- soixante quinze candidats du Parti social démocrate et neuf partisans pour 107 sièges favorable à la politique du chef de l’État et du gouvernement. Les élections aux Conseils généraux et les élections sénatoriales sont organisées respectivement le 11 septembre et le 2 octobre de la même année. Le 10 octobre, le gouvernement est formé. « Les institutions prévues par la Constitution du 29 avril 1959 sont en place. » Notons que, dès le lendemain de la proclamation de l’Indépendance, la République malgache pose sa candidature à l’ONU. « Le projet de résolution avait été déposé devant le Conseil de sécurité par la France et la Tunisie.  » L’admission à l’ONU est prononcée le 21 septembre. Les auteurs de l’Histoire de Madagascar de 1967 déclarent pour finir qu’en résumé, après 1947 et le désarroi profond qui s’empare des Malgaches, c’est l’évolution de la situation à l’intérieur de l’Union française qui ouvre, avec la Loi-cadre, le chemin des réformes réelles. Mais c’est la naissance de la Ve République française qui constitue l’évènement déterminant. Fédérale, la Communauté devient « contractuelle » en décembre 1959  : «  La souveraineté nationale et l’indépendance sont réalisables. » Au cours de cette évolution, l’action des hommes joue également. «  Les rapports des représentants de la Métropole et du Territoire ont confronté des personnalités fortes: la franchise et l’estime réciproques des hommes d’État et de leurs collaborateurs ont assuré le succès des négociations. » Enfin, le retour dans la vraie Mère-Patrie des exilés politiques que personne n’oublie, le rassemblement de tous les Malgaches, quelles que soient les options politiques, autour du drapeau national, « donnent leur sens véritable à la souveraineté et à l’indépendance ».
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