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Consommation – Les médicaments, introuvables ou hors de prix

Dr Edwin Mora encourage la création de plus d’usines pharmaceutiques et de centrales d’achat communes.

En cette situation où la Covid-19 fait rage, des médicaments sont, soit en rupture de stock, soit s’achètent à un prix inaccessible.

«S’Il vous plait, où peut-on trouver du Lo­ve­nox ? Nous avons épuisé toutes les pharmacies de la capitale, mais il n’y en a pas. N’est-il pas possible de dépêcher un avion cargo pour aller chercher ces médicaments là ou on peut les acheter ? » lance une mère de famille sur les réseaux sociaux à l’endroit des responsables de la Santé publique. Tout comme le Magnésium, Magné B6, qui s’est fait rare à Antananarivo, Fianarantsoa et Toliara la semaine dernière. Si on en trouve, une boite coûte 52000 ariary.

Par ailleurs, on note une hausse importante pour les M- vitamines C. La plaquette qui s’achetait à 3500-4000 ariary auparavant coûte actuellement 6200 ariary dans certaines pharmacies. Ce sont des exemples de médicaments très recherchés en cette période de crise sanitaire et surtout par ceux qui préfèrent la prévention ou l’automédication en cas de formes légères ou modérées de Covid-19. Le syndicat des pharmaciens de Madagascar (SPM) explique que la hausse vertigineuse ou les cas de rupture sont dus à des facteurs exogènes. « Il y a la hausse du prix du fret, les contingentements par les pays producteurs de médicaments, les demandes accrues des pays à fort revenu et à revenu intermédiaire comme les pays asiatiques. Il y a également le bouleversement des routes commerciales et la dépréciation de l’Ariary » explique le docteur Edwin Mora, président du Syndicat des pharmaciens de Madagascar.

Marché noir

Derrière les ruptures se cache souvent le marché noir des médicaments, qui désavantage les structures autorisées comme les hôpitaux, les dépôts de médicaments et les pharmacies. Un quartier en particulier dans la capitale est connu pour écouler des médicaments introuvables dans les pharmacies et à bon prix.

Mais jusqu’ici, les mesures prises n’ont pas éradiqué cette forme flagrante de marché noir. Le gouvernement a dernièrement pris la disposition de faire avaler les médicaments par les patients approchant les CSB se disant malades de Covid19 devant le personnel soignant afin de réduire les risques de trafics de médicaments. « Notre syndicat a initié depuis le début de l’année une collaboration avec le ministère de la Justice et les forces de l’ordre pour lutter contre ce fléau. Outre les en­quêtes et les poursuites judiciaires, notre Syndicat propose de revoir l’arsenal juridique et d’intégrer dans la Brigade de lutte contre les trafics et consommation de drogues, la loi sur les ventes illicites de médicaments » explique encore Dr Edwin Mora.

L’inter­locuteur propose en outre, d’avancer dans la concrétisation de la mise en place de l’assurance universelle. « Le médicament est perçu dans le monde comme un produit coûteux sauf dans les pays où existent des assurances ou des mutuelles de santé qui rendent les produits plus abordables. Des efforts ont été entrepris par nos dirigeants mais il est grand temps de se donner les moyens pour sa concrétisation » finit-il.

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