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Editorial

Un pain c’est tout

Est-ce que le prix du pain doit rester à jamais figé? À en juger la bronca qui accompagne une rumeur de hausse du prix du pain à partir de lundi c’est bien le cas. De deux choses l’une, soit le prix du pain augmente suivant la hausse déjà effective du prix du blé sur le marché international, soit il reste à son niveau actuel mais le bâtard consommé par la plupart des personnes deviendra maléfique ou carrément un petit pain. Il s’agit là d’une technique marketing employée par la plupart des commerçants pour garder le pouvoir d’achat des consommateurs. Une hausse réduira inévitablement le chiffre d’affaires, mieux va faire en sorte qu’avec le même budget, le client peut toujours acheter son pain. Ce n’est pas sorcier. Un pain c’est tout. Le vendeur de café ou de mangidy le pratique à merveille avec une tasse indirectement proportionnelle avec la hausse des prix, une cuillère à café frappée de rétrécissement linéaire à chaque hausse du sucre, du café ou du lait. Autrement dit, avec la même somme, le client boit toujours du café même si c’est désormais la moitié du quart de ce qu’il consomme d’habitude.

Les vendeurs de cacahuètes ont remplacé depuis longtemps le kapoaka de Nestle par celui de Madco, soit le quart. Ainsi, la quantité s’adapte au prix et au pouvoir d’achat. Tout le monde y trouve son compte. Du moins jusqu’à une certaine limite. Comme le pouvoir d’achat s’effrite sans cesse, il tend vers moins l’infini. Si ce n’est déjà le cas pour la plupart de la population qui vit avec moins de deux dollars par jour selon la Banque Mondiale. Deux qu’il faut donc diviser pour le riz, le pain, le café, le crédit, le transport, le loyer, les soins, l’éducation…. Vous avez trouvé la réponse à cette division?

Voilà la situation dans laquelle la plupart des ménages vivent. L’État aura beau contrôler les prix et sévir, la majorité ne peut même pas se payer le minimum. D’ailleurs, il est impossible de lutter contre la hausse des prix. C’est peine perdue. L’État fait déjà bien d’importer des PPN pour réguler les prix ou d’instaurer un filet de sécurité. Ce n’est pas évident mais cela aide les plus vulnérables à tenir bon dans la crise.

L’objectif doit être de relever le pouvoir d’achat à travers la création d’emplois, l’industrialisation, d’activités génératrices de revenu. Ce n’est pas facile dans un pays gangrené où tout est urgent.

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