Editorial

Mep…riz

L’histoire est-elle absolument un éternel recommencement ? Hélas oui, à en juger ce que font les dirigeants pour enrayer la pauvreté.
Pour juguler la hausse, déjà vertigineuse à l’époque, du prix du riz , outil politique par excellence et pour servir de filet de sécurité aux plus démunis, l’Amiral Ratsiraka avait inventé le Tsaky Pop où on servait le plat du riz à
30 ariary. Il a également importé du riz à 80% de brisure appelé Stock Tampon vendu à un prix abordable et qui est resté jusqu’à aujourd’hui sur le marché. Des solutions de fortune qui n’ont pas servi ni à stabiliser le prix du riz ni à augmenter la production.
À son tour, Rajoelina invente le vary mora et le Tsena Mora sitôt intronisé en 2009 pendant la campagne référendaire. Des opérations ponctuelles et tape-à-l’œil qui n’ont pas duré mais qu’il reprend pour concrétiser la promesse qu’il a faite pendant la campagne présidentielle.
16500 tonnes de riz valant 16 millions de dollars, selon la version officielle, ont été ainsi débarquées à Toamasina dimanche, sous les yeux du Président. À ce prix, le kilo a été donc acheté 1 dollar, soit 4000 ariary. On ignore si le montant inclut les taxes diverses, et le coût du transport. Aucune information ne mentionne si ce riz a été exonéré. Si tel était le cas, ce serait un très mauvais exemple dans la lutte contre les fraudes douanières pour lesquelles on a incarcéré un transitaire. On ignore également si c’est l’État qui a acheté cette cargaison et qui le vendra à un prix symbolique ou s’il s’agit d’un cadeau en contrepartie de quelque chose.
Dans tous les cas, il s’agit juste, d’un quantité juste modeste, propre à la consommation nationale de quelques jours.
Pour résoudre le problème du riz, augmenter la production et baisser les prix, il faut en finir avec les show politiques qui ne font que perturber le marché. Avec 16 millions de dollars, on aurait pu aménager des petits barrages, acheter des engrais, des semences, acquérir des machines agricoles pour pouvoir améliorer le rendement et la production. Si l’agriculture fait partie des priorités du projet IEM, il faut procéder à la construction de grands barrages comme celui de Bevoay, capable d’irriguer plus de 5000 hectares de rizières, augmenter les surfaces cultivables, interdire les remblais de rizière. L’importation massive de riz vendu à un prix dérisoire grève non seulement la balance commerciale mais pénalise également les paysans producteurs. Un véritable mép… riz à leur endroit. Même si Ratsiraka avait importé du stock tampon, il a toujours veillé à augmenter le prix du paddy aux producteurs.
L’ancien président Rajaonarimampianina a préféré miser sur les projets structurants mal compris aux actions intéressées mais très populaires et médiatiques. Il en a payé le prix. Il est bien évident que tout le monde n’a qu’à acheter du riz à moindre prix toute l’année. Il serait aig… riz de faire la fine bouche.

1 commentaire

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  • Un procès d’intention par excellence . On feint d’ignorer que dans son programme IEM figure bien l’autosuffisance en riz dans 5 ans . Ces genres d’assertions font le jeu du collectif Tany dont on subodore des connotations politiques dans leur communiqué . Le PRM est élu sur des promesses électorales qu’il est entrain de réaliser . Il n’est pas là pour appliquer les Velirano des autres . On n’attend plus aussi que les critiques du FMI et d’une certaine presse sur les subventions dégressives  » inévitables  » dans le contexte socioéconomique de la Jirama et des prix à la pompe des carburants . L’honnêteté intellectuelle c’est d’accepter le jeu de la démocratie .