Politique

Déclaration de compte de campagne – Vingt-et–un candidats à la présidentielle hors-la-loi

Rado Ramilijaona, président de la CCFVP.

Opaques. Les dépenses et les recettes pendant la campagne électorale sont dans le secret des dieux. Dans un communiqué paru dans notre journal, ce jour, la Commission de contrôle du financement de la vie politique (CCFVP) a restitué la situation des dépôts de comptes. En vertu de l’article 83 de la loi organique relative au régime général des élections et des référendums, les candidats qui ont participé au scrutin du premier tour doivent déposer leurs comptes de campagne avant le 28 février. Andry Rajoelina et Marc Ravalo­manana qui ont participé au second tour auront jusqu’au 8 avril. Ainsi, sur les trente-quatre autres concurrents à la présidentielle du premier tour, treize candidats ont déposé leurs comptes à la CCFVP.
Toutefois, aucune sanction légale n’est prévue pour les candidats récalcitrants. « Ils ont signé une déclaration de probité lors du dépôt de candidature. Comment peut-on accorder la confiance à quelqu’un qui a l’intention de diriger le pays s’il ne respecte même pas sa propre déclaration », s’insurge Rado Milijaona, président de la CCFVP.
La majorité des candidats qui n’ont pas déposé leurs comptes fait partie du collectif des candidats. Au lieu de présenter leurs programmes et convaincre les électeurs, ils ont déployé leurs efforts à remettre en cause la fiabilité et la crédibilité de l’élection présidentielle.
D’une manière générale, ils n’ont pas fait de campagne électorale. Cette situation semble être la raison pour laquelle ils n’ont pas déposé leurs comptes.
« Certains candidats nous a remis des comptes avec la mention « néant » dans la rubrique des dépenses. En fait, ils n’ont pas bien lu la loi car même la caution de 50 millions d’ariary lors du dépôt de candidature constitue une dépense », continue Rado Milijaona. Comme il s’agit d’une disposition non contraignante, les anciens candidats ne priorisent pas le dépôt de compte.
La CCFVP dispose ainsi d’un mois pour examiner les comptes des candidats. Un rapport public est attendu après ce délai. Toutefois, à l’issue du contrôle, les cas d’infractions financières, de corruption ou de blanchiment d’argent sont transférés aux autorités compétentes. Il s’agit, entre autres, du Bureau indépendant anticorruption, au Service de renseignements financiers, Pôle anticorruption. « Comme les trésoriers de campagne ont signé une lettre d’engagement, ils sont civilement responsables devant les juridictions », signale le magistrat financier.
Lors de la mission d’observation électorale de l’Union européenne en 2013, il a été relevé que Mada­gascar a battu le record mondial des dépenses engagées par rapport aux voies obtenues. Ainsi, les observateurs ont recommandé la mise en place d’un organe en charge du contrôle du financement de la vie politique. La CCFVP a ainsi été mise en place dans ce sens.Toutefois, suite à l’adoption houleuse de lois électorales, plusieurs dispositions importantes ont été retirées dans la version validée par la Haute cour constitutionnelle (HCC). Ainsi, privant au CCFVP les fonctions essentielles permettant un véritable contrôle du financement de la vie politique.