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Secteur extractif – Les mines dans une situation délicate

Le contexte actuel est susceptible de décourager les grands investisseurs.

L’image du secteur minier a été mise à mal ces derniers temps. Les acteurs du secteur tentent de rassurer.

Améliorer la mobilisation des ressources. C’est l’ambition que s’est fixée la Banque africaine de développement ( (BAD) en annonçant le déblocage d’un fonds de financement destiné à la formation des responsables politiques concernant les décisions de ces derniers dans le secteur minier. Au mois de janvier, la Banque africaine de développement a alloué une subvention de 1,2 million d’euros pour fournir une formation afin d’aider les pays riches en ressources à améliorer leurs revenus miniers. Huit pays africains dont Madagascar bénéficieront de ce financement. «Les pays en transition d’Afrique doivent renforcer la capacité de l’État à mobiliser des revenus provenant des investissements dans les ressources naturelles, pour s’attaquer à la reconstruction, aux infrastructures et aux priorités socio-économiques. Le projet fournira aux pays en transition les compétences et les connaissances nécessaires pour améliorer la mobilisation des ressources nationales pour une croissance accélérée et un développement durable », a déclaré Vanessa Ushie, directrice de la division de l’analyse des politiques au Centre africain des ressources naturelles dans une annonce officielle de la BAD.

Image ternie

Pour le cas de la Grande île, les priorités sont encore à définir. « C’est une ligne de crédit ouverte que nous a attribuée l’institution financière. Cependant, c’est le ministère en charge de ce secteur qui indiquera les axes de formation prioritaire de manière à optimiser les résultats de ce financement. Priorités qui se préciseront d’ici le mois prochain et qui seront  cadrées par le plan de travail annuel du ministère qui a été présenté cette semaine » indique Imbiky Herilaza Secrétaire Général au Ministère des Mines et des Ressources Stratégiques.

Le secteur a connu quelques remous ces derniers temps. Notamment avec le désistement des investisseurs russes sur l’exploitation « Kraoma » ou encore la suspension du projet « Base Toliara » qui ont fortement terni l’image de la Grande île en terme de potentiel attractif sur les grands investissements miniers. Cependant, ces deux évènements majeurs ainsi que la prochaine tenue de cette formation financée par la BAD auront un moindre impact sur les rapports d’évaluation du secteur minier selon l’Initiative pour la transparence dans le secteur extractif (EITI).  « Aujourd’hui, la Grande île est en passe de devenir « pays conforme » à l’initiative si elle demeure « pays candidat » jusque-là.La première validation en juin 2018 a révélé un progrès significatif. Nous avons actuellement le statut de pays candidat et aspirons à devenir pays conforme après la dernière évaluation. Ce qui est sûr c’est que Mada­gascar ne sera plus classé comme pays radié ou pays suspendu de l’EITI» souligne Marcelle Dané, Secrétaire exécutif par intérim de l’EITI. Des propos qui rassurent malgré le contexte actuel. En tout cas, le pays a obtenu des points après la publication des rapports de réconciliation de 2017 et de 2018. Pour le moment, l’institution qui évalue la Grande île dans le secteur minier se base sur ces rapports sans tenir compte des récents évènements.