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Inondations – Les remblais pointés du doigt

La forte pluie dans la nuit de lundi à mardi a entraîné une forte montée des eaux à Antananarivo. Les multiples remblais au sein et autour de la capitale sont, notamment, désignés comme en partie responsable de la situation.

À qui la faute? La question s’est imposée après l’inondation de plusieurs quartiers d’Antananarivo, suite à la pluie diluvienne dans la nuit de lundi à mardi. Dans la liste des causes désignées de cette forte montée des eaux, il y a les innombrables remblais qui prennent leurs aises dans les zones de déversement des eaux.

Certes, les responsables parlent d’un niveau de précipitation exceptionnel durant la nuit de lundi et mardi. Seulement, cette forte et longue pluie a, une nouvelle fois, mis en lumière le sempiternel problème d’évacuation des eaux dans la capitale. Un casse-tête que les remblais ne font que renforcer affirment autant des experts, que de simples citoyens constatant les faits sur terrain. Et la montée des eaux à Ankorondrano, dans une partie d’Amboditsiry et Ambodivona est un exemple criant.

«La cause de cette montée inhabituelle des eaux est le gigantesque remblai en face de Tana water front», s’insurgent les riverains. Depuis plusieurs mois, presque la totalité du marais partant du côté droit du boulevard Masay, si l’on vient du côté d’Ankorondrano, allant jusqu’aux abords du centre commercial sis à Ambodivona a disparu. À sa place, il y a une grande étendue de terre rouge. Le nom «Tana water front», justement, pourrait bientôt n’être que symbolique, puisqu’il n’y a plus quelques mètres d’étendue en face du centre commercial et les habitations sises dans le domaine.

Les responsables refusent, pour l’heure, de se prononcer sur le sujet. Seulement, voir l’eau envahir une partie de la chaussée du boulevard Masay, le vaste parking du Zoom Ankorondrano a estomaqué les observateurs. Même le quartier hyper-résidentiel dans la zone du «Tana water front», a été inondé. Comme quoi, les eaux de pluie n’ont pas trouvé d’endroit pour se déverser. À différents points du By-pass, où les remblais pullulent, également, la montée des eaux a fait des ravages.

Certains observateurs concèdent que, face à la pression démographique et économique, les rizières et autres zones inondables d’Antananarivo et ses environs n’échapperont pas aux remblais pour la construction d’habitations ou d’autres infrastructures. Seulement, la situation tend à devenir incontrôlable. Les remblayages illicites ou ne suivant pas les normes d’urbanisme sont légions.

Corruption?

Pour celui du marais partant d’Ankorondrano, jusqu’aux abords d’Amboditsiry et Ambodivona, par exemple, Naina Andriatsitohaina, maire d’Antananarivo, himself, l’a dénoncé. Peu après son élection, il y a fait une descente, mais en vain. Le mal est fait. De prime abord, certains remblais font fi des normes d’urbanisme. Certains se trouvent à un niveau supérieur aux habitations riveraines.

Sur les abords du by-pass et à Ampitatafika, les balises installées se retrouvent sous les mètres cubes de terre qui vont jusqu’au niveau de la route. Ces piquets sont, pourtant, censés définir les périmètres destinés à la construction de canaux d’évacuation de déversement et écoulement de l’eau. Les dispositions édictées par les autorités sont, de prime abord, inopérantes. En 2018, par exemple, toutes les opérations de remblayage ont été suspendues par une décision prise en conseil des ministres.

Officiellement, la décision a été prise pour contrôler les permis de remblayage et le respect des normes d’urbanisation. L’acte de suspension a été levé à un moment donné, visiblement. Les remblais à tout va ont repris de plus belle après. Même la fermeture de la période de remblayage édictée par l’Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo (APIPA), n’est pas suivie. Des camions transportant des terres de remblais continuent de circuler.

Les propriétaires de terrain profitent, du reste, de certaines tolérances vis-à-vis des règles. En principe, ceux qui procèdent à des remblais illicites ou ne suivant pas les normes doivent déblayer. Seulement, les responsables ne les y obligent pas, dans la majorité des cas. Aussi, les propriétaires ou promoteurs laissent le terrain à moitié remblayé en attente de conjoncture plus favorable. C’est le cas, par exemple, à Soavima­soandro, aux abords de la rocade Tsarasaotra. Pareille­ment, du côté d’Anko­rondrano-Andranomahery.

Au regard de la situation, une forte suspicion de «corruption», à différents niveaux permettant la prolifération des remblais. Des connivences ou silences complices qui pourraient prévaloir, également, face aux constructions illicites se trouvant sur des canaux d’évacuation et bouchant ainsi l’ écoulement des eaux. Dans certains cas, ces constructions ont même des permis en bonne et due forme. Elles sont, pourtant, également la cause des inondations des quartiers d’Antananarivo à chaque saison des pluies.

À toutes ses causes s’ajoute l’incivisme des habitants qui font que les canaux et buses sont bouchés par les détritus venant de toute part. Les infrastructures d’assainissement de la capitale, par ailleurs, sont désuètes et nécessitent une remise à niveau urgente. Seulement, l’anarchie défiant toutes les lois d’urbanisme qui règne dans la capitale, autant dans la haute ville, que les bas quartiers et même les zones huppées lorsqu’on y regarde de plus près, ne fait que renforcer le casse-tête infernal.

Anosy, la rue est devenue un deuxième lac.

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