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Relations avec les bailleurs de fonds – Le gouvernement négocie avec le FMI

Marc Gérard, le représentant du FMI à Madagascar.

Après un long moment d’attente, le gouvernement s’est enfin résolu à entamer les négociations avec le Fonds monétaire international FMI.

Il n’est jamais trop tard quand on pense que c’es t le bon moment. Le ministère de l’Économie et des finances, deux ans après l’investiture du président de la République Andry Rajoelina, a fini par décider d’ouvrir les pourparlers avec le Fonds monétaire international, FMI. Ces préliminaires, si on peut s’exprimer ainsi, devraient se prolonger jusqu’au 5 février, soit neuf jours avant la Saint-Valentin. D’où il est attendu une idylle naissante entre les deux « tourtereaux » , sous forme de programme scellé sous le sceau de la Facilité élargie de crédit, FEC. Celle obtenue par le régime HVM pour un montant total de 310 millions de dollars à décaisser en huit tranches. Suivant la satisfaction des critères de performances, moins contraignants, du moins en termes d’expression, que les conditionnalités des années 80-90 du temps de la révolution socialiste de Didier Ratsiraka.

Même s’il n’y pas eu de rupture fracassante ou de divorce à l’amiable entre le FMI et les actuels tenants du pouvoir, les relations des deux parties nageaient presque dans le flou total. Comme de nombreux pays fragilisés par la pandémie du coronavirus, Madagascar a eu les largesses financières du FMI. Au titre de la Facilité de crédit rapide, pour 333 millions de dollars. Plus par souci humanitaire que pour autre chose. La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, un ancien vice-président du FMI, a obtenu 900, à titre de comparaison. Maintenant il faudra se battre sur le front d’un projet de société cohérent dans ses objectifs et réaliste sur les moyens à mettre en œuvre pour persuader et convaincre les membres du Conseil d’administration du FMI à donner leur feu vert au Plan d’émergence de Madagascar, PEM.

Facilité de crédit

Cette approche avec le FMI a été une des raisons du retard de sa présentation devant les partenaires techniques et financiers, prévue ce jour. Une démarche tout à fait logique dans la mesure où toutes les bonnes intentions doivent avoir l’aval des experts et émissaires du FMI, conduits par le grec Charalambos Tsangarides, avant d’être avalisées à l’étage supérieur de l’instance de régulation financière mondiale. Il reste alors des points sensibles à évoquer. En premier lieu, « la lettre d’intention » du gouvernement malgache, résumant ses éventuels engagements. Ce qui explique, en partie, le maintien de l’équipe de Christian Ntsay.

Ensuite, la loi de finances, adoptée les yeux fermés par des députés de la majorité, comporte des détails à revoir. Ne serait-ce que la prévision d’un taux de croissance, en termes réels, du Produit intérieur brut, PIB, de 4,5% pour cette année après un recul de 3,8% selon les estimations du FMI, qui paraît trop optimiste pour être digne d’intérêt. La Banque mondiale table sur une progression globale de 2% , sans un retour en force du coronavirus. Il reste aussi à affronter le sauvetage de deux sociétés d’État à la dérive, la Jirama et Air Madagascar. La première n’arrive pas à assurer la distribution décente d’eau et d’électricité. La seconde, en pleine tourmente financière, cherche un audacieux directeur général. Enfin, les prix du carburant gelés depuis juin 2019 doivent aussi figurer en haut des listes des préoccupations du FMI. Il est temps de les réviser, dans un sens ou dans un autre, avec l’application de la vérité des prix. Pour les trois cas, le FMI et la Banque mondiale ont exprimé leur aversion au recours aux subventions, grevant les finances publiques et contre productives.

Si un « accord-cadre » avec le FMI devient un passage obligé pour relancer une économie moribonde et pour avoir les subsides des autres « philanthropes » aux âmes sensibles, il génère souvent des sacrifices à imposer à la population déjà fatiguée par les mesures de l’état d’urgence sanitaire. Aux dirigeants de trouver le juste équilibre pour ne pas tomber de haut.

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