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Chronique

Ce «quelque chose»

Vingt ans donc cette année 2021 que la colline d’Ambohimanga (outre le Rova, la «forêt-pharmacie» et d’autres endroits témoins du passé et théâtre de ses résurgences contemporaines) est inscrit au patrimoine commun de l’Humanité. Au-delà de cette inscription, tombée dans une indifférence décidément atavique, le grand public doit connaître certaines péripéties liées à l’histoire du Rova d’Ambohimanga. La République, ici comme ailleurs, semblant fascinée par la chose royale, héréditaire et dynastique, Gouverneurs Généraux du Territoire et Présidents de la République ont, chacun à leur tour, voulu «tutoyer» un peu de ce «quelque chose» que, même après 1789 (France) et 1917 (Russie) sinon 1897 (Madagascar), tout le monde sait impossible à remplacer par la plus idéalement parfaite des élections démocratiques.

Consultant national pour l’UNESCO dans la conduite et la préparation du dossier de proposition d’inscription de la Colline royale d’Ambohimanga sur la Liste du Patrimoine mondial (1999- 2001), le Professeur Rafolo Andrianaivoarivony apporta, en décembre 2014, des éclaircissements concernant le transfert, en octobre 2008, des dépouilles royales d’Andrianampoinimerina, Ranavalona 1ère et Ranavalona II, depuis le Rova d’Antananarivo vers le Rova d’Ambohimanga. Précédem­ment, en juillet 2008, un échange de correspondances avait eu lieu entre le Ministère de la Culture et l’association Jaky Mena regroupant les Zanakan­driana, Zazamarolahy et Andriamasinavalona. Le Jaky Mena, qui avait émis le voeu de ce rapatriement en 1997, marqua neuf ans plus tard un avis défavorable après avoir procédé, en 2003, à une cérémonie de «fermeture» des tombes royales du Rova d’Antananarivo, rendue nécessaire pour faire cesser les vols de reliques et d’autres profanations.

(Début de citation) «Ce transfert, qui a eu lieu en octobre 2008, relevait d’une décision du Pouvoir Public de l’époque (Présidence de la République [Conseil de Ministres], Gouvernement [Conseil de Gouvernement], Ministère de la Culture…) pour réhabiliter la nécropole du Rova d’Ambohimanga profanée par Gallieni et la colonisation française un certain jour de mars 1897. La profanation (s’était traduite) par le transfert des corps royaux (dont ceux d’Andrianampoinimerina, de Ranavalona I et de Ranavalona II) vers le Rova d’Antananarivo, par la destruction de la nécropole et par la construction sur son site d’un réfectoire et d’une cuisine associés à un cabinet de toilettes (aménagements bien attestés sur le plan de 1904 des Services Topographiques). La réhabilitation d’août à octobre 2008, quant à elle, comprenait en amont d’abord des fouilles archéologiques pour mettre au jour la délimitation des fosses des tombeaux détruits et de collecter d’éventuels restes ou objets funéraires « oubliés »; ensuite l’intervention d’un architecte DPLG et d’une entreprise de BTP pour reconstruire les tombeaux à l’identique sur la base de documents iconographiques d’époque; enfin en aval (et) en fin d’opération, transfert des dépouilles des trois souverains à Ambohimanga, dont le cortège était précédé d’un motard de la Gendarmerie, et réinhumation des corps dans leurs sépultures d’origine respectives. Les deux premières phases (se firent) de jour tandis que la dernière (eut) lieu en début de nuitée pour respecter la tradition de l’ensevelissement des souverains après le coucher du soleil, toutes les trois s’effectuant sous les yeux des habitants d’Ambohimanga dont un groupe d’hommes a même accepté de transporter à reculons et dans le pénombre les dépouilles, du parking jusqu’à la nécropole» (fin de citation).

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