Editorial

Cécité universitaire

Peut-on encore espérer entreprendre un effort d’assainissement dans quelque domaine que ce soit? Le pessimisme est permis quand on voit la résistance des étudiants face à une tentative de mettre de l’ordre dans les cités universitaires. Les étudiants ont exactement la même réaction, voire pire, que les tireurs de charrette interdits de circuler à certaines heures, ou des marchands de rue qui refusent de céder le trottoir à ses propriétaires légaux.

Une descente dans la rue avec un violent affrontement avec les forces de l’ordre pour faire comprendre qu’ils ne quitteront jamais leur « propriété » titrée et bornée pour quel motif que ce soit dans les cités U. Tout le monde sait que trois quart de la population des cités U a quitté les bancs universitaires depuis plusieurs décennies.
Si l’état veut entreprendre un assainissement pour permettre aux nouveaux étudiants d’avoir un logement, ce n’est pas trop tôt. La gabégie et l’anarchie n’ont que trop duré. Aucun responsable n’a, jusqu’ici, osé prendre le problème à bras le corps. Toute velléité de réforme ou de réorganisation s’est heurtée à une farouche résistance des associations d’étudiants natifs de Mars ou de Neptune. Toutes les tentatives ont échoué.

Le mal a gangrené la vie universitaire d’une année à l’autre. Il est vrai que les nouvelles constructions datent de la Transition. Ankatso 1 a été créé en 1960 alors que les « préfa » d’Ankatso 2 portent les griffes de Ratsiraka en 1978. Le nombre de logements est nettement inférieur à celui des nouveaux bacheliers.

Aucun projet de construction des nouveaux logements ne figure dans les perspectives du ministère de l’Enseignement supérieur. Le budget de l’université est réduit à une portion congrue.

Il faut espérer un changement dans les futures universités manara-penitra qui seront construites bientôt lorsque le Sénat aura disparu. Des universités sont également prévues à Tana-Masoandro, la nouvelle ville dont l’accouchement semble compliqué.

En attendant, il faudra sérieusement se pencher sur le cas des cités universitaires qui sont pratiquement indignes des étudiants et dont l’état déteint logiquement sur le comportement et la conduite de leurs locataires. En fait, il ne faut pas s’étonner de la récurrence des grèves et manifestations à n’en plus finir, d’une génération à l’autre, quand ont vit dans un tel environnement. On ne peut qu’avoir une mentalité de frondeurs et de contestataires quand on vit dans une cité dont le confort est pire que celui de la cité conteneur de La Réunion Kely. On a les étudiants que l’on mérite quand on se complaît à regarder avec cécité, indifférence et mépris des réalités exaspérantes.

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