Notes du passé

Des bécassines issues de toutes sortes de familles

À Madagascar, on trouve dix espèces de canards sauvages dont trois lui sont endémiques

Un des principaux loisirs des étrangers et des Malgaches naturalisés est la chasse. La plus souvent pratiquée et la plus répandue est celle aux oiseaux. Un chroniqueur qui reprend en 1950, un article du Dr Henri Poisson, explique que dans l’ordre des Gallinacées, on rencontre des hémipodes (Turnix nigricollis) qui « ont l’aspect des cailles, mais sont de plus petite taille ». Leurs mœurs et leurs habitudes les rapprochent des râles. «Les Malgaches les appellent kibo et les Européens petites cailles. Ils ont les ailes courtes et arrondies et trois doigts aux pattes. »
Les perdrix (Mararoperdrix striata) sont très voisines de celles d’Europe. « Leur bec est plus fort et court, leur vol rapide. » Autrefois abondantes dans les environs d’Antananarivo, elles fréquentaient les collines herbeuses, les tanety et «leur chasse au chien d’arrêt est attrayante et fructueuse». Cette perdrix malgache tient bien à l’arrêt, mais elle n’est pas toujours très facile à relever, quoique ses vols soient de peu d’étendue. Cepen­dant, il est facile de l’attraper et de la tuer malgré son vol très rapide. Ces oiseaux vont par couple ou par compagnies de cinq ou six, rarement plus, au début d’avril. «La chair est comparable à celle de la perdrix de France. » Granivore et vivant à proximité des cultures et des rizières, elle porte le nom malgache de  trotro.
Une caille véritable poursuit le scientifique (Coturnix africana) appelée par les Malgaches pape­lika est également assez répandue, bien qu’elle le soit moins que l’hémipode. Ce gibier qui se chasse comme la caille de France, se raréfie à cette époque. La pintade (Numida mitrata mitrata) ou pintade mitrée, akanga des Malgaches, vit par troupes de cinq à vingt individus en moyenne. Le chasseur européen la poursuit au fusil et au chien d’arrêt comme la perdrix; elle est facile à tuer, car son vol est lourd. Parmi l’ordre des Colom­bins, on signale la tourterelle peinte (Streptopelia picturata picturata) appelée pigeon par les Européens et domohina par les Malgaches. Elle est commune partout, mais reste farouche.
Les oiseaux de chasse de l’ordre des Échassiers sont fort nombreux, mais la plupart ne constituent que des gibiers de hasard sans grande valeur alimentaire, à l’exception toutefois des scolopacidés qui comprennent les courtils (Numenius), les chevaliers (Trina), les bécasseaux (Erolia) et surtout les bécassines (Capella).
Les chevaliers fréquentent en troupes nombreuses les plages arénacées des bords de rivières et de lacs. Leur livrée est généralement grise. Les Malgaches les nomment de plusieurs appellations : toy-toy, kiboranto, kidondrano. Les bécasseaux, voisins des chevaliers, ont un bec plus long. Les bécassines pour leur part, sont communes dans les marais des plateaux, malgré un intense braconnage. On les chasse soit au rabat soit au chien d’arrêt.
Appartenant à une famille voisine, celle des Rostratulidés, se trouve une autre bécassine de plus faible volume qui est la Rynchée du Cap (Rostratula benghalensis) appelée localement bécassine royale ou encore bécassine sourde « Ce qui est une erreur, la véritable bécassine sourde n’existant pas ici. La Royale de Mada­gascar est un bel oiseau localisé, sans être rare, dans certains marais. »
Dans le sous-ordre des Pressi­rostres, échassiers à bec fort et court, il faut citer les pluviers, le viky-viky des Malgaches qui est l’onomatopée de leur cri.
Plus encore que l’ordre précédent, celui des Palmipèdes donne à la faune cynégétique locale, un cachet particulier. Les canards de Madagascar, si abondamment répartis en nombreux types, constituent le fond de la
Sauva­gine de chasse. Gibier de prédilection des chasseurs, leur valeur culinaire varie avec les espèces, mais reste en général, très supérieure à celle des autres oiseaux. « Leur chasse est attrayante, soit pratiquée en pirogue sur les lacs, soit au marais, au chien ou au rabat, soit encore- ce qui est un splendide exercice de tir-, à la passée du soir.»
Les canards de Madagascar se rapportent à dix espèces différentes dont sept sont communes à l’Afrique et à la Grande ile, et trois lui sont endémiques. L’angaka est celui qui se rapproche le plus de l’espèce domestique. L’andrano, trapu, gris, est difficile à tuer, car il plonge aussitôt et ne reparait que longtemps après et fort loin. Le canard à bec rose est l’un des plus connus, c’est le meilleur gibier du groupe. La sarcelle à bec bleu se rencontre dans le Betsileo. Le canard à bosse est le plus volumineux. Le joli petit canard à casquette, est aussi percheur, commun dans l’Itasy a une chair excellente. Le milouin de Madagascar à tête violette, est localisé dans le lac Alaotra, de même que le canard à dos blanc. Les sarcelles, ou canards maragnons, sont communes partout, en troupes de plusieurs centaines sur le petit lac Anosy, en ville et ailleurs. La chair coriace n’est bonne qu’une fois la peau retirée. Ce sont des gibiers difficiles à approcher.

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