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Editorial

Ponction publique

L’impôt sur les propriétés bâties font beaucoup jaser à Antananarivo. Plusieurs «anomalies» ont fait sauter au plafond les gentils contribuables antananariviens habitués à un taux conforme à leurs ressources et leur pauvreté depuis des années. Tout d’un coup une hausse de 900% est appliquée par la CUA sans qu’aucune explication ne soit apportée.

Ou plutôt si puisqu’il semble que l’impôt aurait été fixé selon le revenu du propriétaire. C’est juste ahurissant. Mieux, certains propriétaires ont reçu deux factures différentes, une pour le premier étage  une autre pour le deuxième étage. Après un tollé général face à ce qui ressemble à une ponction publique pure et simple, la CUA annonce l’ouverture d’un bureau de doléances où les réclamations sont reçues. Autrement dit un marchandage peut être fait si le contribuable trouve que l’impôt est exagéré. Le fait est qu’il faut d’abord connaître les bases du calcul pour pouvoir apporter des rectifications. Sinon les négociations se font à la tête du client.

On sait très bien depuis des années que la CUA manque de ressources pour pouvoir assumer son rôle dans la gestion de la capitale. Il lui faut un budget colossal pour ramasser les ordures, réparer les rues, construire des bassins de lavoir, des blocs sanitaires…Les taxes classiques comme les patentes, les licences de transport , les permis de construire… avaient suffi dans les années 60,70,80 quand la capitale n’était peuplée que par cinq cent mille âmes.

La population s’est multipliée par cinq alors que les ressources sont restées les mêmes. Entretemps la santé du portefeuille des contribuables s’est singulièrement dégradée. Elle est arrivée à un stade où le désespoir de cause peut pousser les gens à aller aux extrêmes. Avec l’inflation, les factures de la Jirama, le coût du transport, la flambée des médicaments, la hausse des frais de scolarité, cette taxe force arrive au mauvais moment. C’est ce genre de mesure qui pousse le plus sage des contribuables vers l’évasion fiscale ou la grève fiscale.

Eh oui, on se demande où est-ce que les Antananariviens pourront trouver de quoi payer ces taxes exorbitantes. Ils ne peuvent pas plus que ce qu’ils ont.  Il ne faut pas tirer la barbe d’un chat qui dort.

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